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Un Brésilien aux commandes des forces de l’Onu en RDC

CARLOS-Les Nations unies ont désigné le général brésilien Carlos Alberto dos Santos Cruz nouveau chef des forces de la Monusco (Mission de l’Onu pour la stabilisation du Congo). Son prédécesseur à ce poste était le général indien Prakash, dont le mandat est venu à échéance le 31 mars dernier et qui n’avait pas encore été remplacé. Le général Cruz est francophone et a été en poste pour l’Onu à Haïti.

Ce Brésilien aura autorité à la fois sur les casques bleus – au mandat de maintien de la paix – et sur “la brigade d’intervention” dont la création a été décidée par le Conseil de sécurité le 29 mars. Cette force de combat de 2 500 hommes devra imposer la paix. L’Afrique du Sud, la Tanzanie et le Malawi ont annoncé leur participation à cette force, qui sera commandée par le général tanzanien James Mwakibolwa. Aucune explication n’a été donnée à propos de ce choix mais on peut supposer qu’il a été en partie dicté par le fait que, de ces trois pays, seule la Tanzanie partage une langue avec l’est du Congo : le swahili. Les difficultés engendrées par le manque de francophones au sein des casques bleus au Congo ont été soulignées à maintes reprises.

La brigade est chargée de neutraliser, avec ou sans l’armée congolaise, les forces négatives dans l’est du Congo : divers groupes Maï-Maï, les rebelles hutus rwandais issus des génocidaires (FDLR) et le M23 (mutins congolais essentiellement tutsis). Après que le M23 eut capturé Goma en novembre dernier, puis s’en fut retiré sur pression internationale, des négociations avaient été lancées à Kampala entre lui et Kinshasa. En février, le gouvernement congolais avait reconnu n’avoir appliqué que partiellement un accord de paix de 2009. La suite logique était de s’accorder sur son application, réclamée par le M23, mais, après la création de “la brigade d’intervention” ,  Kinshasa a considéré n’avoir plus de concession à faire et conseillé au M23 de “se saborder” .

Cette rébellion se sent donc flouée et a multiplié les menaces de reprise des combats. Sur pression internationale, à son tour, Kinshasa a renvoyé ses négociateurs à Kampala, le 7 avril, mais exige que le M23 dépose les armes avant toute discussion, assurant à son opinion publique que “la brigade d’intervention” sera à pied d’œuvre fin avril. Dans les chancelleries, toutefois, on évoque plutôt juin, voire juillet.

Et le Kivu redoute que le M23 attaque une nouvelle fois Goma pour obtenir de vraies discussions

Par Marie-France Cros

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