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Société civile de Butembo a J.Kabila:Reprenez vos 5 chantiers et donnez-nous la securité en échange

Source: Beni Lubero Online

Joseph Kabila consulte en huis clos à ButemboArrivé samedi soir à Butembo, la capitale économique de Beni-Lubero, le Président Joseph Kabila consulte les bubulais en huis clos à l’Hôtel Auberge et dans sa résidence située sur la route de Musienene. Dans sa suite, on peut noter la présence très active de l’Abbé Malu Malu, Président de la défunte CEI. Bien qu’il soit membre de l’AMP, Mzee Mbusa Nyamwisi qui fut président de Beni-Lubero pendant la rébellion, n’est pas de la partie. Y-a-t-il eu rupture d’alliance entre le RCD-K-ML et le PPRD ou l’AMP?

Les forces vives attendent depuis ce matin du lundi 13 septembre d’être reçues par le Président de la République. A 20h00 de la place, elles n’avaient pas encore été reçues. Les représentants des differentes associations sont restés collés à leurs téléphones en attente du signal de l’heure du rendez-vous avec le raïs. Les audiences avec les militaires et les services de securité semblent avoir été longues et laborieuses.

Sur une banderole qu’une association de la société civile attend brandir dans la salle d’audience publique on peut lire : « Reprenez vos 5 chantiers et donnez-nous la securité en échange ».

Les autres memos sont presque identiques dans les demandes suivantes :

  1. – La securité des personnes et de leurs biens avant tout.
  2. – La libération du Nord-Kivu de l’emprise de l’armée mono-ethnique du CNDP
  3. – L’arrêt de l’octroi de tous les postes administratifs de la région aux nominés du CNDP
  4. – L’Association des communautés locales à l’identification des refugiés congolais en provenance du Rwanda, du Burundi et de l’Ouganda,
  5. – La gestion des déplacés congolais parents pauvres de l’action du gouvernement de Kinshasa,
  6. – La gestion des conflits fonciers en collaboration avec le pouvoir coutumier local pour mettre fin aux certificats d’enregistrement établis à Kinshasa sur des terrains des villages habités par des congolais…  

En même temps, les gestionnaires du STAREC venus de Goma prennent langue avec différentes organisations de la société civile autour de l’épineuse question du retour des refugiés congolais du Rwanda, du Burundi, et de l’Ouganda. Cette question fait couler beaucoup de salive au Nord-Kivu depuis que le gouverneur Julien Paluku a nommé des Tutsi dans les structures du STAREC comme représentants du Territoire de Lubero. Les Nande, les Hunde, et les Nyanga auraient ainsi décidé de sécher les plénières du STAREC en signe de protestation contre ce qu’ils appellent une tentative d’usurpation de représentativité. Les Tutsi et les Hutu qui votent ces derniers en temps en bloc auraient aussi de leur côté fait de même pour protester contre le refus des Tutsi comme représentants du Territoire de Lubero. Pourtant les élections de 2006 avaient tranché cette question de représentativité dans les urnes en se dotant de ses représentants dont aucun n’est Tutsi ou Hutu pour le territoire de Lubero. Le memo du Kyaghanda de Goma que nous publions ci-dessous met le Gouverneur Julien Paluku en garde contre cette nomination qui risque de créer un précédent malheureux dans une province où tous les scenarios apocalyptiques sont possibles si Kinshasa et l’ONU ne changent pas d’approche vis-à-vis du retour des refugiés congolais.

Au regard de toutes ces questions, les consultations de Joseph Kabila ne doivent pas être faciles et on peut ainsi comprendre pourquoi le service du protocole a du mal à minuter les differentes entrevues du chef de l’Etat. Plusieurs problèmes se sont accumulés dans ce coin du pays au point qu’une visite éclair, fut-elle du chef de l’Etat, ne peut les résoudre avec des paroles et des promesses. Si les institutions citoyennes ainsi que les entités administratives décentralisées fonctionnaient librement, les solutions aux problèmes seraient moins l’affaire du Chef de l’Etat qu’un acquis d’un consensus ou d’un compromis local, après un débat contradictoire… Les problèmes du Kivu ne peuvent être résolus par des accords secrets et des casques bleus, mais par la synergie des forces vives locales. 

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