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Sassou et Condé ont parlé de Tshisekedi

tshisekedisassou-Joseph Kabila a fait une première concession. Son déplacement pour Oyo, au Congo-Brazzaville, ne peut être interprété autrement qu’une prise en compte de l’exigence de l’opposition sur la mise en place d’une médiation internationale. Interprétation renforcée par l’attitude de Denis Sassou N’Guesso qui, pour la première fois, a parlé de sa disponibilité à s’entremettre entre Kabila et ses opposants si toutes les parties s’accordent sur sa personne. En diplomatie et dit à l’issue d’un tête à tête avec Joseph Kabila, cela signifie qu’il a reçu des garanties de la part de son homologue. Sassou a été davantage rassuré avec les déclarations de Mgr Laurent-Monsengwo qu’il a reçu en audience après Joseph Kabila. L’archevêque de Kinshasa a affirmé qu’il est “d’accord que le président Sassou fasse la médiation”. Pour qui connaît les habitudes en la matière, il est clair que Sassou a tout organisé dès lors que les déclarations d’Aubin Minaku sur les assurances de Kabila à ne pas retoucher la Constitution ont fait comprendre que Kinshasa était entrain de lâcher du lest suite à d’intenses pressions. Tout organisé jusqu’à la visite du président guinéen Alpha Condé, le même jour. Selon des sources brazzavilloises, Sassou et Condé ont parlé d’Etienne Tshisekedi. Le second a fait part à son hôte de la sympathie qu’il voue à l’historique opposant congolais. Lui-même historique opposant qui a accédé au pouvoir après plus des décennies de lutte, il ne pouvait en être qu’ainsi. Si Sassou l’a fait venir, c’est en raison de cette coïncidence historique qu’il cherche à utiliser pour que Condé persuade Tshisekedi de s’impliquer dans les prochaines négociations. En pré-campagne, des proches avaient rapporté que les deux hommes s’étaient vus, sinon s’étaient parlé. Selon les mêmes sources, ils continuent à se parler via un conseiller spécial de Condé qui parle couramment lingala. Sitôt que Condé a quitté Oyo, des bruits persistants ont commencé à faire état d’un déplacement des lieutenants de Tshisekedi chez Sassou. Il semble qu’Albert Moleka y était attendu le 22 juillet. Vérification, le directeur de cabinet de Tshisekedi n’avait pas traversé le fleuve. “Albert Moleka va tout le temps à Brazzaville mais pas nécessairement pour des questions politiques”, a banalisé un de ses collaborateurs. Le voeu de Sassou d’impliquer Tshisekedi reste une gageure face à un homme très intransigeant -voire infléxible- lorsqu’il est convaincu d’une chose ou d’une idée. Il faudra beaucoup pour qu’il renonce à son statut de Président autoproclamé, surtout que la plupart des rapports de monitoring des dernières élections ont remis en cause la victoire de Kabila. Il a fallu plusieurs années qu’il reconsidère son poste de Premier ministre élu de la CNS. L’entrée en scène de Sassou ne surprend nullement dans les milieux informés. Ici, tous ou presque savaient l’intérêt qu’il montrait avec les allées-venues incessantes de son conseiller spécial Abbas Hayidara qui a séjourné pour la dernière fois à Kinshasa il y a deux semaines. Plus d’une fois, Abbas est venu discuter avec les personnalités de la majorité comme de l’opposition dans la plus grande discrétion. Autour de la nature de la médiation se joue l’enjeu du contrôle des discussions à venir. Kabila craint qu’une médiation internationale ne lui enlève l’initiative. Apparemment c’est ce que la communauté internationale souhaite pour arriver à une formule qui ne laisse pas beaucoup de marge de manœuvre à Joseph Kabila à l’échéance 2016 dans l’hypothèse soit de modifier la Constitution pour un troisième mandat soit de faire survivre son régime après son départ. MATTHIEU KEPA

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