Makolo Digital Tele- LAVDCONGO

Révélations d’un déserteur du CNDP sur les Caches d’armes au Nord-Kivu

Beni-Lubero Online

Une semaine après le retrait des militaires issus du CNDP de plusieurs coins du Nord-Kivu pour un regroupement de ses troupes au Masisi, plusieurs militaires congolais qui ont déserté les rangs du CNDP lors du retrait commencent à livrer quelques secrets relatifs aux activités militaires du CNDP dans la Province du Nord-Kivu, notamment l’existence de plusieurs caches d’armes.

A la question de savoir pourquoi le CNDP regroupe le gros de ses troupes au Masisi, le déserteur du CNDP qui a requis l’anonymat, a raconté ce qui suit au correspondant de Beni-Lubero Online de Kiwanja :

« Lors de la préparation des troupes pour le grand départ vers Masisi, notre commandant nous disait que comme Kinshasa n’a pas respecté ses engagements, il fallait que le CNDP se réorganise militairement pour se défendre et poursuivre sa lutte d’avant, que le lieu idéal pour cette réorganisation militaire était le Masisi, et que la préparation militaire de cette nouvelle guerre durerait un mois. Pendant la période de préparation des troupes pour le grand départ vers Masisi, des armes chargées dans des camions FUSO étaient acheminées vers plusieurs endroits de la province où elles sont enfouies en terre dans des fermes, ou dans des résidences privées.»

Parlant de Beni-Lubero, le déserteur du CNDP a dit être au courant de l’existence de 8 caches d’armes au Sud du Territoire de Lubero, 1 cache d’armes dans une résidence de la périphérie de Butembo, sur la route de Musienene, 1 cache d’armes dans une résidence du centre ville de Butembo, 1 cache d’armes dans une ferme sur la route entre Butembo-Beni, et 3 caches d’armes dans la ville de Beni.

A la question de savoir pourquoi il a déserté les rangs du CNDP, l’informateur de Beni-Lubero Online a dit que cette dissémination d’armes est signe d’une guerre imminente et qu’il n’a pas voulu combattre dans cette guerre dont il ne voit pas le bien fondé pour la région. Lui et ses autres amis déserteurs s’attendaient au paiement régulier de leur solde par Kinshasa et à la fin de la guerre au Nord-Kivu. Mais à l’allure où vont les choses, il y a lieu de craindre un génocide en préparation au Nord-Kivu.

Selon le même déserteur, le recrutement des jeunes par des faux leaders Mai-Mai qui sont en réalité des taupes du CNDP est aussi inquiétant.

D’autres sources parlent de ce phénomène des Faux Mai-Mai dans les trois territoires de Rutshuru, Lubero et Beni. En effet, plusieurs observateurs pensent que, n’ayant pas d’ennemi militaire à attaquer pour occuper ces trois territoires, le CNDP serait entrain de se constituer un figurant d’ennemi commandé par lui-même et composé des jeunes Mai-Mai. Ainsi les troupes qui viendront de Masisi pourront prétendre pacifier la région en mettant fin aux groupes armés à qui on ferait commettre la faute d’égorger, par exemple, quelques retournés du Rwanda pour créer la sensation au niveau international. Des images macabres d’une telle cruauté serviraient d’alibi pour justifier une intervention militaire pour parfaire une occupation qui peine à se matérialiser.

Les armes disséminées pourraient aussi servir aux retournés en cas d’attaque.

Selon d’autres observateurs, le recrutement des Faux Mai-Mai par le CNDP peut-être une course en avant pour qu’une autre force ne recrute les jeunes du Nord-Kivu.

Aux autorités politiques et administratives de la R.D.Congo d’éclairer l’opinion sur le regroupement des troupes du CNDP au Masisi, la dissémination des caches d’armes à travers la province, et le retour des refugiés congolais. Le conflit congolais perdure parce qu’il est fondé sur le mensonge, la manipulation de l’opinion. Le retour des refugiés ou déplacés dans leur région d’origine ne poserait pas de problème si ces derniers provenaient vraiment des villes et villages qu’ils disent être leurs lieux d’origine. Les chefs coutumiers du Nord-Kivu ainsi que la population congolaise ne sont pas opposés au retour des refugiés et des déplacés qui seront reconnus comme tels par leurs communautés d’accueil. Cette condition semble être le nœud du problème et le fait qui explique la militarisation de l’opération retour. Ailleurs dans le même pays qu’est la R.D.Congo, les congolais expulsés d’Angola retrouvent chacun le chemin de son village ou de sa ville d’origine sans que l’armée congolaise n’intervienne ou que des armes et munitions soient enfouies auparavant dans leurs villages.

Le HCR qui a une grande expertise dans le rapatriement des refugiés ne laissera pas certainement le retour des refugiés congolais camoufler une occupation sanglante de l’Est de la R.D.Congo. Cela ternirait davantage l’image de l’ONU !

© Beni-Lubero Online

Translate »