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RDC:Révisionnistes en question

Par Will Kabew

Aura, aura pas lieu ? C’est la révision de la Constitution du 18 février 2006. Il semble que les réactions ne cessent d’abonder dans le sens de dissuader les tenants de la révision. Les opposants se sont opposés farouchement à cette initiative qui tend à faire ressembler le Congo-qui-se-veut-démocratique à ces Etats africains dont on déplore le retour en arrière après des avancées remarquables dans la voie de la démocratisation.

Les chancelleries occidentales auraient donné de la voix, par voie diplomatique, pour s’inscrire en faux contre la démarche des révisionnistes. Résultat ? Des réticences sont observées au sein même de la majorité au pouvoir (AMP et alii) ,voire au sein du PPRD.

La question qui triture les méninges de beaucoup d’observateurs bien pensants c’est la suivante : « Pourquoi avoir accepté la démocratie alors que l’on ne sentait pas encore prêts pour sa mise en oeuvre ? ». Les dirigeants africains n’avaient pas de choix, dit mon voisin de gauche. Selon lui, accrochés aux mamelles des Européens, ceux- ne pouvaient que se mettre au pas et montrer patte blanche. Il me rappelle qu’en son temps, les maîtres d’outre-Atlantique conditionnaient leur aide bi et multilatérale à l’acceptation de la démocratie et la renonciation à la dictature.

Pour s’y faire, tous les fauves africains se couvrirent d’une peau de l’agneau pour montrer aux maîtres occidentaux qu’ils étaient obéissants. Toutefois, ils ont continué à ruminer de s’en débarrasser à la moindre occasion. Un premier courageux traça la voie aux autres. Et depuis, ils ont trouvé un moyen – démocratique dans leur entendement !- de s’accrocher au pouvoir comme au bon vieux temps des régimes monolithiques de guide éclairé, de timonier, de père fondateurs du parti-Etat et de la nation. Il s’agit de la révision de la Constitution chaque que l’on approche de la fin du mandat. Les raisons ou les mobiles ne manquent pas. C’est plutôt la moindre des choses, des experts troubadours étant préparés pour la besogne : expliquer les raisons majeures, les impératifs impérieux, etc.

Aura, aura pas lieu. Tout reste ouvert. Car, un comité ou une commission (c’est selon) y travaille. Or, tout ne s’arrête pas à ce niveau. Il faut rentrer en plénière au parlement pour légiférer, après débats houleux.

Toutefois, le contraire est aussi possible, à condition que le souverain primaire soit impliqué. Et là, l’on risque de marquer le pas. Les révisionnistes n’ont pas la tache facile. Ils sont mis en question.

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