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Vie et mort de Patrice Lumumba

P.-E-Lumumba

P.-E-Lumumba

” Nous avons decoupe les corps en morceaux. Le crane a ete dissout dans de l’acide chlorhydrique et le reste a été brûlé”, explique l’inspecteur de police belge Gerhard Soete, pour décrire la fin macabre de Patrice Lumumba, le premier à avoir été Premier Ministre en République Démocratique du Congo, et de deux de ses ministres, Okito et Mpolo. A l’instar de la majorité des conspirateurs impliqués dans ce meurtre commis de sang-froid, Soete avait gardé le silence pendant près de quarante ans. Cet assassinat, bien que s’étant déroulé au coeur même de l’Afrique, avait été commandité dans les capitales de l’Europe de l’Ouest. Il faudra quarante ans avant que la majorité des personnes impliquées, assassins, hommes de main et cerveaux de l’affaire, acceptent de parler ouvertement de cette sinistre tragédie. Leurs témoignages ne contiennent ni sentiment de culpabilité, ni même remords. L’assassinat de Lumumba le 17 janvier 1961 a changé ce leader de l’unité africaine en véritable figure mythique..

Patrice Lumumba

Figure emblématique des indépendances africaines par son nationalisme intransigeant, Patrice Lumumba ne fut Premier ministre que pendant deux mois, au lendemain de l’indépendance du Congo, le 30 juin 1960.

Très rapidement le pays bascula dans le chaos, du fait de la sécession de la province minière du Katanga (sud), suscitée par les occidentaux hostiles à ce jeune Premier ministre marxisant, et du développement de rébellions dans l’est.

En outre, Patrice Lumumba accumula les erreurs politiques en deux mois, notamment en ordonnant une répression impitoyable dans le Sud-Kasaï (centre), qui lui aliéna le soutien d’une partie de la population.

Désireux de se débarrasser de lui par crainte de le voir se tourner vers les Soviétiques, les Etats-Unis et les anciennes puissances coloniales européennes au premier rang desquelles la Belgique, apportèrent leur soutien au chef de l’armée congolaise, le colonel Mobutu pour liquider Patrice Lumumba.

Révoqué et traqué, Patrice Lumumba fut finalement arrêté en janvier, sauvagement torturé, puis assassiné le 17 janvier 1961, officiellement sur ordre des dirigeants de la province sécessionniste du Katanga. Sa dépouille n’a jamais été retrouvée.

Après avoir pris seul les rênes du pays en 1965 à la faveur d’un coup d’Etat, Mobutu éleva Patrice Lumumba au rang de “héros national”.

Quelques dates

2 juillet 1925 : naissance de Patrice Lumumba à Katako-Kombé

10 octobre 1958 : il fonde, avec Iléo, Ngalula, Adoula, le Mouvement national congolais (MNC). Ce mouvement est alors proches des courants catholique, libéral et social-démocrate belges.

C’est sans doute en se rendant à la conférence panafricaine d’Accra au Ghana, où il rencontre Nkrumah, que Lumumba devient un fervent panafricaniste.

Il déclare à Accra : “Malgré les frontières qui nous séparent, nous avons la même conscience, les mêmes soucis de faire de ce continent africain un continent libre, heureux, dégagé de toute domination colonialiste. Nous sommes heureux de constater que cette conférence s’est fixé comme objectif: la lutte contre tous les facteurs internes et externes qui constituent un obstacle à l’émancipation de nos pays et à l’unification de l’Afrique. Parmi ces facteurs, on trouve le colonialisme, l’impérialisme, le tribalisme et le séparatisme religieux qui, tous, constituent une entrave sérieuse à l’éclosion d’une société africaine harmonieuse et fraternelle.”

1959

29 janvier: table ronde belgo-congolaise, qui fixe au 30 juin la date de l’indépendance, et qui est suivie d’une table ronde économique en février.

Mai: le MNC remporte les élections et Patrice Lumumba est élu chef de gouvernement.

23 juin: Patrice Lumumba est nommé Premier ministre.

1960

30 juin: Indépendance du pays.

4 juillet : premières mutineries orientées contre Lumumba

10 juillet : mutinerie à Elisabethville, six Européens sont tués. Intervention de l’armée métropolitaine.

11 juillet : indépendance du Katanga. A Luluabourg, Lumumba tente de retenir les Blancs.

14 juillet : Lumumba en appelle aux Nations Unies et à l’Union soviétique et annonce la rupture des relations diplomatiques avec la Belgique. Le Conseil de sécurité décide que les Casques bleus vont prendre la relève des forces belges.

16 juillet : relève des troupes belges à Léopoldville par les Casques bleus.

8 août : Lumumba regagne le Congo après des escales à Tunis, Conakry, Accra et Rabat, où il obtient des promesses d’aide directe si l’ONU n’aide pas le gouvernement légal à récupérer le Katanga.

9 août : Proclamation de l’indépendance de l’Etat minier du Sud-Kasaï.

16 août : Lumumba ordonne à la Force publique, devenue armée nationale congolaise (ANC), de reconquérir les territoires sécessionnistes.

27 août : l’ANC occupe Bakwanga, capitale du Sud-Kasaï, après avoir massacré de nombreux villageois Baluba. Puis elle entrera en mutinerie et abandonnera Bakwanga pour regagner Luluabourg.

5 septembre : destitutions mutuelles de Lumumba et de Kasa Vubu.

7 septembre : Lumumba obtient l’appui du parlement qui recommande une réconciliation entre le Premier ministre et le Président.

12 septembre : Kasa Vubu installe un nouveau gouvernement dirigé par Joseph Ileo.

14 septembre : interventoin de Mobutu qui neutralise Lumumba et Kasa Vubu et annonce la création d’un collège de commissaires généraux qui tiendra lieu de gouvernement.

10 octobre : l’ANC tente vainement d’arrêter Lumumba qui se retire dans sa résidence sous la protection d’un cordon de Casques bleus.

14 octobre : Gizenga à la tête du gouvernement de Stanleyville.

27 novembre : fuite de Lumumba qui va tenter de rejoindre ses partisans à Stanleyville.

2 décembre : arrestation de Lumumba au Kasaï. Il est ramené à Léopoldville.

3 décembre : transfert de Lumumba au camp militaire de Thysville.

12 décembre : Gizenga proclamne la “république libre du Congo” à Stanleyville qui devient “capitale provisoire” du pays.

25 décembre : les forces lumumbistes de Stanleyville s’emparent de Bukavu.

1961

1er janvier : tentative infructueuse par les forces de Mobutu de reprendre Bukavu.

8 janvier : les troupes de Stanleyville prennent Manono, au Nord-Katanga.

13 janvier : mutinerie à Thysville.

14 janvier : les autorités de Léopoldville apaisent les mutins de Thysville.

15 janvier : décision de transférer Lumumba à Bakwanga. Lettre de Tshombe pour annoncer qu’il accepte le transfert de Lumumba au Katanga.

16 janvier : préparatifs du transfert. Changement de destination.

17 janvier : transfert de Lumumba au Katanga. Il est exécuté le soir même dans la savane en même temps que ses compagnons Mpolo et Okito.

13 février : annonce de la mort de Lumumba.

Un livre accusateur

Dans son livre “L’assassinat de Lumumba”, le sociologue flamand Ludo De Witte accuse la Belgique de porter “la plus grande responsabilité ” dans ce crime. “La mort de Lumumba a toujours été présentée comme une affaire entre Congolais qui s’entredéchirent, ce qui est faux. Les conclusions de mes recherches sont que la Belgique porte la plus grande responsabilité dans son assassinat”, a écrit M. De Witte.

“De A à Z, des Belges ont eu en main le cours des événements, c’est-à-dire le transfert de Lumumba au Katanga, son exécution, puis la disparition (de son corps)”, estime Ludo De Witte. Selon lui, le but de cette élimination était, en pleine guerre froide, de maintenir le Congo dans la sphère d’influence occidentale, en attendant l’avènement en 1965 de Mobutu, ami des Etats-Unis et de la France. Il met en cause le Premier ministre belge de l’époque Gaston Eyskens, le chef de la diplomatie Pierre Wigny et le ministre des Affaires africaines Harold d’Aspremont Lynden, ainsi que des diplomates, des militaires et des sociétés belges ayant soutenu la sécession du riche Katanga minier sous la houlette de Moïse Tshombe.

L’auteur appuie sa thèse sur des archives du ministère belge des Affaires étrangères et de l’ONU, qui lui ont été ouvertes. Il révèle notamment une note adressée le 5 octobre 1960 par M. d’Aspremont Lynden aux diplomates belges au Congo, dans laquelle le ministre écrit que “l’objectif principal à poursuivre dans l’intérêt du Congo, du Katanga et de la Belgique est évidemment l’élimination définitive de Lumumba”. Il publie aussi un télégramme du 16 janvier 1961 où “Aspremont insiste personnellement auprès (du) président Tshombe pour que Lumumba soit transféré au Katanga dans les délais les plus brefs”

Deboutcongolais. info

Un excellent site sur l’histoire pré et post coloniale, avec beaucoup d’informations sur Lumumba

Source Africa-express. com

1 thought on “Vie et mort de Patrice Lumumba”

  1. LES CONGOLAIS QUI PREFERENT TOUS VIVRE AUJOURD’HUI EN EUROPE,OU Y ALLER SE REFUGIER RISQUENT DE NOUS FAIRE PENSER QUE LES OCCIDENTAUX N’ETAIENT PAS AUSSI MAUVAIS QU’ON L’A FAIT CROIRE A NOS AINES.
    ET,S’ILS NE SONT PAS MAUVAIS A VIVRE AVEC,POURQUOI DONC NE PAS ENVISAGER MEME DE PARTAGER AVEC EUX LA NATIONALITE?
    LE PARDON DE JESUS-CHRIST DANS CETTE AFFAIRE EST UNE ARME TRES PUISSANTE.

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