La Coupe d’Afrique des nations a débuté ce vendredi 21 juin en Egypte, et doit se poursuivre jusqu’au 19 juillet prochain. Avant ce lancement, jamais l’organisation d’une CAN n’avait été entourée d’autant de complications. C’est d’abord le Cameroun qui s’est retrouvé dans l’incapacité de tenir l’échéance, alors que le pays des Lions indomptables avait eu cinq années pour se préparer. Face à cette situation, la Confédération africaine de football a dû retirer à Yaoundé l’organisation de la compétition – officiellement pour retard dans la livraison des infrastructures dans les lieux retenus pour accueillir la compétition.

Plainte des Comores

Début janvier, l’Egypte est choisie comme organisatrice de la CAN 2019. Au même moment, les Comores déposent une plainte devant le tribunal arbitral du sport contre la participation du Cameroun. Leur argument : une fois dessaisi de l’organisation de la CAN, ce pays devrait aussi voir sa participation invalider. Mais la plainte de l’archipel échoue. 

La compétition s’ouvre ce vendredi 21 juin au Caire, avec le match entre l’Egypte et le Zimbabwe

Enfin, début juin, soit à deux semaines de l’ouverture de la CAN, Ahmad Ahmad, le président de la CAF, est arrêté dans son hôtel parisien pour être auditionné dans le cadre d’une affaire de corruption. Une arrestation dans la foulée des assises de deux jours d’une commission spéciale chargée d’examiner le match retour catastrophique de la finale de Ligue des champions entre l’Espérance Sportive de Tunis (Tunisie) et le Wydad Casablanca (Maroc).

Coup d’envoi en pleine tourmente

Du 21 juin au 19 juillet, 24 équipes s’affrontent dans six stades égyptiens. Trois stades se trouvent au Caire, et les trois autres à Alexandrie, Ismaïlia et Suez. Pour la première fois de son histoire, la CAN a lieu en été. Sous une température élevée, avec près de 30 degrés, c’est un véritable défi pour les équipes participantes, selon le spécialiste de football Zoubaier Baya. « La plupart des joueurs qui participent  à la coupe ont déjà disputé plus de 40 matches cette saison tandis que ceux qui évoluent en Europe en ont déjà disputé une cinquantaine », souligne l’international tunisien, qui a joué pour le SC Freiburg et travaille désormais comme expert pour Abu Dhabi sports.

Une autre nouveauté de ce tournoi est que 24 équipes participeront au tour final. Ce que critique toutefois Zoubaier  Baya qui, dans une interview accordée à la Deutsche Welle, pense que cela va compromettre la qualité des matches. Selon lui, à l’image des championnats d’Europe, le troisième du groupe pourrait se qualifier pour les huitièmes de finale. 

Mais cette nouvelle organisation pourrait aussi créer des surprises, comme le pense l’ancien attaquant camerounais et double champion d’Afrique (2000, 2002), Patrick Mboma. Pour lui, « les nations, même les plus petites, iront au tournoi avec l’idée d’aller en huitièmes de finale. Les nations favorites vont devoir faire preuve de sérieux et de détermination pour ne pas avoir à passer de justesse – voire carrément à la trappe – parce que tout le monde aura les crocs. » 

L’Egypte, le Sénégal et le Maroc partent favoris

Pour beaucoup, le charme de la Coupe d’Afrique des nations réside dans le fait qu’on ne peut pas prévoir ce qui va réellement se passer. À titre d’exemple, en 2017, le Cameroun a réussi à remporter la coupe avec une des équipes les plus faibles de son histoire récente. 

Aujourd’hui, l’Egypte, le Sénégal et le Maroc retiennent l’attention. À en croire Zoubaier Baya « comme toujours, on peut dire que l’équipe locale a plus de chances que les autres. C’est une tradition. L’Egypte, avec Mohamed Salah, l’ampleur qu’il a maintenant, il est au top. Avec l’apport du public égyptien, ça peut faire deux forces majeures pour l’Egypte. » En tant que vainqueur record de la Coupe d’Afrique, les Pharaons espèrent certainement ajouter une huitième victoire à leur palmarès.

Le Sénégal aussi semble convaincant avec ses joueurs. C’est le cas du défenseur central Kalidou Koulibaly, qui évolue au poste de défenseur central pour le SSC Naples et de l’attaquant de Liverpool Sadio Mané. « Bien que Sadio Mané se démarque dans cette équipe, il reste un joueur qui travaille pour son équipe. Cela augmente les chances du Sénégal« , ajoute Zoubaier Baya. 

Quant au Maroc, il peut compter sur son international ailier Hakim Ziyech, ses autres joueurs expérimentés ainsi que sur son entraîneur Hervé Renard.

Les grandes surprises de la compétition

Mise à part les trois équipes favorites, il y a un certain nombre d’autres équipes qui rêvent du prestigieux titre. C’est par exemple le Cameroun, champion en titre. 

Mais on ne sait jamais comment les choses vont se dérouler. Selon Patrick Mboma « personne n’aurait parié que le Cameroun remporterait la Coupe en 2017 jusqu’à ce que les Lions indomptables gagnent. Tout le monde pensait que l’équipe se qualifierait pour la Coupe du Monde 2018, mais ça n’a pas été le cas. On attend de voir ce que donnera l’encadrement de l’entraîneur Clarence Seedorf. » 

Les supporters congolais éspèrent une surprise de leur équipe

De leur côté, le Nigeria et le Ghana pourraient également jouer un rôle important dans ce tournoi, « même s’ils ne sont pas stables pour l’instant« , estime Zoubaier Baya, pour qui l’Algérie aussi pourrait surprendre. L’entraîneur de l’équipe algérienne Djamel Belmadi bien qu’étant encore jeune, est très compétent. Et beaucoup de joueurs de l’équipe algérienne ont connu une très bonne saison, comme Bagdad Boudjenah ou encore Sofiane Feghouli, double titre avec son club Galatasaray.

La Tunisie et la République démocratique du Congo pourraient quant à elles saisir leur chance en tant qu’outsider et faire parler d’elles. Le plus important est comment ces équipes vont saisir cette chance dès l’entame de la compétition. Car c’est ce que souhaite les spectateurs : oublier les nombreux scandales et montrer que l’Afrique a quelque chose à offrir en matière de football.

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