Et ce lundi le Handelsblatt publie l’intégralité de la lettre. Elle débute ainsi : « Comme vous le savez, les Etats-Unis sont ferment opposés au gazoduc Nord Stream 2 ». Le diplomate fait savoir son « inquiétude quant au comportement agressif de la Russie, notamment l’utilisation par Moscou des ressources énergétiques comme levier politique et économique. » 

Il parle de la sécurité pour l’Ukraine, par où le gaz passe actuellement et qui, sans gazoduc, serait à la merci de Moscou. « Nous insistons sur le fait que les entreprises qui opèrent dans le domaine des pipelines pour l’exportation d’énergie russe s’engagent dans des activités qui comportent un risque significatif de sanctions. »  L’ambassadeur ajoute qu’il en va de la réputation des entreprises allemandes.

« Lex Grenell », la loi Grenell, commente la Süddeutsche Zeitung. « Richard Grenell aime se comporter comme un homme politique. Le rôle du diplomate ne lui suffit pas ». 
Le journal rappelle les débuts fracassants de cet ambassadeur pas comme les autres. L’envoyé de Trump avait donné une interview au site d’extrême droite nationaliste Breitbart News l’été dernier pour y déclarer qu’il soutiendrait des conservateurs en Europe qui se soulèvent contre les élites. 
De la « Postdiplomatie » avait à l´époque titré Die Zeit en appelant le gouvernement à montrer à l’ambassadeur américain « quelles étaient les limites à ne pas dépasser ».

Sur le front économique aussi ce n’est pas la première fois que les Etats-Unis « se permettent » ce genre de manœuvres, explique la Süddeutsche Zeitung. « Quand ils ne pouvaient pas convaincre les acteurs politiques européens de ne pas faire d’affaires avec l’Iran, ils ont également menacé les entreprises européennes de sanctions. » Pour le quotidien, certes « le projet Nord Stream 2 fait débat parce qu’il devrait augmenter la dépendance de l’Allemagne vis-à-vis du gaz russe mais les décisions reviennent aux gouvernements européens et allemands et non pas à Washington et encore moins à leurs ambassadeurs. »

 

Cellule d’extrême droite au sein de la police allemande

De la lettre d’intimidation politique de l’ambassadeur américain, on passe à la lettre de menaces de mort qu’a reçue en Allemagne une avocate allemande d’origine turque qui avait notamment défendu une victime du groupe terroriste d’extrême droite allemand NSU. 
Elle s’appelle Seda Basai Yildiz. Signé NSU 2.0 du nom de ce groupe, le langage est on ne peut plus crû. On y menace « d’arracher la tête à sa fille », de s’occuper « comme il se doit de son équipe de mangeurs de döner kebab ».

L’avocate avait déjà été la destinataire d’une lettre signée NSU 2.0 en décembre. L’enquête avait alors mené vers un commissariat de Francfort et cinq policiers d’extrême droite, suspendus depuis.

Depuis, la police tente de réagir pour redorer son blason, explique le Tagesspiegel de Berlin. « Les policiers de Francfort ne sont pas des nazis » peut-on lire dans une lettre, encore une, signée par des fonctionnaires de police appelant à éviter les « préjugés et les généralisations ». « Les coupables veulent m’intimider, mais je n’abandonnerai pas“, a déclaré l’avocate à la Süddeustche Zeitung.

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