Bruno Tshibala a pris cette décision en s’appuyant sur les conclusions du rapport d’une commission interministérielle.

Une mesure étonnante alors que le gouvernement actuel gère les affaires de l’Etat dans l’attente de l’entrée en fonction de la nouvelle équipe. A ceci s’ajoute le fait que cette taxe ira sur le compte du Fonds de promotion de l’industrie, géré par des proches de Joseph Kabila.

Selon le chargé de communication du Comité laïc de coordination, Jonas Tshiombela, l’actuel Premier ministre a outrepassé ses prérogatives car il doit se limiter à expédier les affaires courantes, en attendant la formation du nouveau gouvernement par le président Félix Tshisekedi.

« Le président de la République est interpellé pour déjà annuler toutes ces mesures, attendre le gouvernement responsable qui peut engager l’État congolais, engager les dépenses. De pareilles décisions paraissent un peu confuses parce que nous avons déjà le Fonds de promotion de l’industrie. Et là, on créée une autre taxe. Ça risque d’asphyxier les investisseurs de notre pays », explique-t-il.

Une taxe ancienne ?

Pour sa part, Jérôme Sekana, journaliste à l’Agence Galaxie Média en République démocratique du Congo, un média réputé proche du clan  Kabila, cette taxe n’est pas nouvelle. Elle figure déjà dans le code minier promulgué en mars 2018 par le président de l’époque, Joseph Kabila.  

À l’en croire, « c’est une taxe que les miniers ont toujours payée. Elle est associée aux droits de douanes, c’est à dire que toutes les marchandises qui entrent en RDC, surtout à caractère industriel, doivent payer la taxe de promotion de l’industrie à l’importation. Si on ne paye pas cette taxe-là, la chaîne de financement des projets va s’estomper. »

Plusieurs acteurs politiques de l’opposition et de la société civile critiquent eux aussi cette décision de Bruno Tshibala.

Car, expliquent-ils, c’est le clan Kabila qui continue de tirer les ficelles sans la moindre réaction du nouveau président Félix Tshisekedi, dont la marge de manœuvre semble pour l’instant réduite.

Albert Yuma dans le collimateur

Les syndicats de l’entreprise minière publique Gécamines, Générale des carrières et des mines, ont pris mardi (19.02.2019) leur distance vis-à-vis d’un document signé par des salariés anonymes.

Ce document mettrait  en cause leur Directeur Général, Albert Yuma. Ces salariés accusent M. Yuma, qui est l’un des proches de Joseph Kabila, de dilapider l’argent de l’entreprise dans les conseils d’administration, de ne pas redresser la production de cuivre et de cobalt, et de prendre des mesures anti-sociales. Ajoutons que le nom d’Albert Yuma est est régulièrement cité comme un possible futur Premier ministre.

En réponse, le syndicat de la Gécamines a indiqué dans un communiqué que « contrairement à ce qui est affirmé grossièrement dans ce courrier (le mémorandum), l’agent Gécamines au plan social a été sans aucun doute l’agent le mieux traité de toutes les entreprises du portefeuille (de l’État) depuis l’installation de conseils d’administration fin 2010 » .

Et le communiqué des « syndicats représentatifs » de conclure, « la Gécamines est la seule entreprise de l’État à avoir mis en place un plan social de départ à la retraite (2015-2016) ».

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