Ce jeudi 24 janvier Félix Tshisekedi a rendu un hommage à Martin Fayulu durant son discours d’investiture en tant que nouveau président de la République démocratique du Congo. 

« C’est ici l’occasion de témoigner de notre respect et sincère considération à l’endroit de notre frère Martin Fayulu Madidi avec lequel nous avons mené ce combat politique depuis plusieurs années. L’engagement de ce véritable soldat du peuple est un exemple pour la vitalité de notre démocratie et la responsabilité civique de chaque Congolais », avait déclaré Félix Tshisekedi, juste après avoir prêté serment.

Mais ce vendredi, celui qui est arrivé officiellement deuxième à l’élection présidentielle du 30 décembre 2018, Martin Fayulu, rejette la main tendue du nouveau président  par la voix de son porte-parole, Prince Epenge. « Nous voulons la vérité avant la réconciliation », dit-il. « Tout le monde a l’impression que la volonté du peuple n’a pas été respectée. Le vote des Congolais a été détourné. Après qu’on aura consacré la vérité, nous verrons alors pour le reste », déclare-t-il encore au micro de la DW.

Pour sa part, Eve Bazaiba, la Secrétaire Général du MLC (Mouvement de libération du Congo de l’ancien Vice-président de la RDC Jean-Pierre Bemba) « l’État de droit ne signifie pas arrangement, combines et combinaisons pour gérer le pouvoir. Ce qui est mal conçu, mal préparé, va continuer négativement ».

Un « non » … mais des discussions

Certains proches du nouveau président congolais ne perdent cependant pas espoir. Sur nos antennes, ce jeudi 24 janvier, Vidiye Tshimanga, le porte-parole du président Félix Tshisekedi, a confirmé que des discussions étaient en cours avec certains membres de la coalition de Martin Fayulu (la coalition Lamuka qui signifie Réveillez-vous en langue lingala). Des discussions qui pourraient peut-être faire infléchir la position de Martin Fayulu.

Le responsable du groupe de recherche Afrique de l’Institut prospective et sécurité en Europe (IPSE), n’exclut pas non plus cette hypothèse. « S’il accepte (Martin Fayulu, ndlr) la main tendue, pourquoi pas ? Ça permettrait d’essayer de réconcilier les protagonistes et ça permettrait aussi d’apporter le calme au niveau de la population et puis on se consacrerait à des vrais problèmes, des problèmes de sécurité, des problèmes de développement économiques, des problèmes de préoccupation sociale. » s’interroge Roger M’Gbama.

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Roger M’Gbama, responsable du groupe de recherche Afrique de l’Institut prospective et sécurité en Europe (IPSE) : « si Martin Fayulu accepte la main tendue, ça permettrait de réconcilier les protagonistes. Mais à quel prix? »

D’autres spécialistes de la République démocratique du Congo conseillent plutôt à Martin Fayulu de rester dans l’opposition en refusant de se compromettre dans un éventuel gouvernement d’union nationale. Ils estiment que, fort du score qu’il a réalisé officiellement, 34,8%, Martin Fayulu peut constituer un contre-pouvoir face à la coalition du Front commun pour le Congo de Joseph Kabila et celle qui a porté au pouvoir Félix Tshisekedi, Cap pour le changement.

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