Source: 7sur7.cd

Le boulevard du 30 Juin, en plein centre d’affaires de Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo connaît une véritable métamorphose avec des travaux effectués par des entreprises chinoises. Jour et nuit, des ingénieurs chinois et congolais dirigent et coordonnent des travaux d’agrandissement et de modernisation de ce boulevard. Les travaux de réhabilitation des infrastructures routières en RDC s’inscrivent dans le cadre de grands chantiers lancés par le président congolais Joseph Kabila lors de son investiture en décembre 2006.

Cependant, la réhabilitation des infrastructures en République démocratique du Congo ne peut pas faire perdre de vue l’immense océan des tâches et des objectifs qui restent encore à accomplir par le gouvernement de la République démocratique du Congo. Le gouvernement au cours de l’année 2009, beaucoup d’objectifs que s’est assigné le gouvernement n’ont pas été atteints dans leur majorité. Le président de la République l’a d’ailleurs reconnu dans son discours prononcé le lundi 7 décembre 2009 devant les parlementaires réunis en congrès.

En effet, au cours de l’année 2009, la République démocratique du Congo a connu peu de moments de réussite mais beaucoup de déboires et échecs consécutifs d’abord à l’environnement économique mondial et ensuite à l’amateurisme, à l’irresponsabilité et au manque de volonté de certains acteurs politiques et dirigeants congolais. La plupart de ces dirigeants se sont illustrés par leur incapacité de matérialiser les objectifs que s’est assigné le gouvernement de la RDC. Pour plusieurs observateurs de la scène politique congolaise, après une année, il fallait faire le diagnostic de sa gestion du pays sur le plan politique, économique, social, diplomatique et sécuritaire.

La refondation des FARDC

Au début de l’année, le gouvernement congolais s’est assigné comme mission de réaliser la refondation de l’Etat, la consolidation de la paix et de l’unité nationale, la consolidation de la stabilité, la formation d’une armée unifiée et intégrée, la stabilisation macroéconomique et la mise en œuvre de cinq chantiers, l’amélioration des conditions sociales par l’accès de tous aux services sociaux de base de qualité , l’augmentation de la croissance.

Une année après, force nous est de constater qu’un grand nombre d’objectifs n’ont pas été atteints, comme l’a d’ailleurs reconnu le président Joseph Kabila lors de son discours sur l’Etat de la Nation le lundi dernier.

En effet sur le plan sécuritaire, les provinces de l’Est de la RDC restent encore des zones très instables politiquement, des zones à la merci des groupes rebelles. Les opérations conjointes entre les FARDC et l’Armée nationale rwandaise lancées au mois de janvier 2009, les opérations Kimia I et Kimia II ( en lingala Kimia veut dire paix) menées conjointement par les FARDC et la Monuc n’ont pas réussi à mettre en déroute les rebelles rwandais des FDLR, auteurs du génocide de 1994 au Rwanda. Ceux-ci continuent encore à semer la terreur et la mort dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’ Est du Congo.

La complicité de la Monuc

Toujours sur le plan sécuritaire, le processus de la formation d’une armée restructurée, intégrée et républicaine n’a jamais vraiment démarré. Au contraire, l’opération de réinsertion des ex combattants au sein des FARDC n’a pas produit des effets positifs attendus, dans le sens de la formation de l’Armée nationale congolaise. Selon un haut responsable militaire de la MONUC, cette organisation n’a pas intérêt à voir la RDC se doter d’une armée restructurée et intégrée, au risque de voir sa mission prendre fin.  » Visiblement l’instabilité actuelle en RDC semble arranger les responsables politiques et militaires de la MONUC pour qui la formation d’une armée congolaise restructurée et intégrée semble être le cadet de leurs soucis « , a confié un diplomate de l’Union Européenne. La situation actuelle dans la province de l’Equateur est une nouvelle occasion pour la MONUC de justifier sa raison d’être en République démocratique du Congo.

La faillite des entreprises

Une année après, Sur le plan économique et social, la situation des Congolais ne s’est vraiment pas améliorée. Sur le front de l’amélioration des conditions sociales par l’accès de tous aux services sociaux de base de qualité. Su ce volet précis, le gouvernement d’Adolphe Muzito a encore l’obligation de convaincre les Congolais de ses intentions de renverser la donne.

En effet, la dépréciation continuelle du Franc congolais a entraîné la baisse du taux de change et la baisse du pouvoir d’achat de la population. Une année après, les congolais n’ont pas de couverture sociale. L’accès aux soins de santé primaires, l’accès à l’eau potable, à l’électricité, au transport et à l’emploi reste encore un luxe. Dans son discours sur l’état de la nation prononcé le lundi dernier devant les parlementaires réunis en congrès, le président Joseph Kabila a reconnu que beaucoup restent encore à faire sur ce chapitre, étant donné que la situation sociale de la population congolaise ne s’est pas encore améliorée. C’est pour cette raison que dès l’année prochaine , le président congolais s’engage à mettre l’accent sur le secteur des transports, des infrastructures scolaires, hospitalières, de génération et de distribution d’eau et d’électricité, ainsi qu’à celles liées aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. En outre, le climat des affaires exécrable et une mauvaise législation en matière judiciaire et d’investissements ont fait que très peu d’investisseurs se sont tournés vers la RDC en 2009. C’est d’ailleurs ce qui justifie la dernière place occupée par la RD Congo dans le classement référentiel de Doing Business. Un tel climat ne pouvait donc pas favoriser la création d’emplois.

L’autre cause du chaos économique en RDC est tributaire de l’environnement international. En effet, la crise financière internationale a frappé de plein fouet l’industrie minière du Katanga, au Sud de la RDC . Au point où, beaucoup d’entreprises minières de cette province ont fermé et ont mis leurs travailleurs au chômage. Au Kasaï Oriental, la Minière de Bakangwa (MIBA) qui produit du diamant industriel de meilleure qualité a également fermé. La politique de la réforme des entreprises de l’Etat amorcée par le ministère du Portefeuille a davantage entraîné ces entreprises vers leur faillite. L’opération Tolérance zéro lancée par le chef de l’Etat congolais n’a pas arrêté les pratiques de corruption, de détournements des fonds, de concussion, et des pillages des deniers publics et des richesses du Congo. Une pratique odieuse qui prive le trésor public congolais des ses ressources en devises. Le règne de l’impunité a repris du poil de la bête au point où beaucoup d’observateurs soutiennent aujourd’hui que l’Opération Tolérance Zéro n’aura été qu’un coup d’épée dans l’eau. La politique de rétrocession de 40 pour cents alloués aux provinces n’a pas été appliquée telle que stipule la constitution congolaise. Conséquence; les provinces congolaises sont restée encore beaucoup plus pauvres et démunies, Et par manque d’emplois et de visibilité, l’exode rural s’est davantage accru vers les villes comme Kinshasa, Lubumbashi, Matadi…

La percée diplomatique

Sur le plan politique et diplomatique cependant, la RDC a renoué avec sa visibilité régionale, grâce à une année d’intenses activités diplomatiques. En effet le pays a organisé tour à tour à Kinshasa, le 29ème Sommet des chefs d’États des pays membres de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Australe ( SADC) et le Sommet de la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC). Au cours de ces deux sommets, le président congolais a été placé à la présidence en exercice des ces organisations. Deux évènements politiques qui ont marqué le grand retour du Congo sur la scène politique régionale. Il faut signaler également le rapprochement entre Kinshasa et Kigali avec la rencontre du 6 août 2009 entre Joseph Kabila et son homologue rwandais Paul Kagame.

Une rencontre qui a conduit à l’ouverture de leurs ambassades respectives et à l’envoi des ambassadeurs accrédités à Kinshasa et à Kigali. L’on notera aussi la rencontre de Kasindi, le 4 mars 2009 entre les présidents Joseph Kabila et Yoweri Museveni de l’Ouganda. A la lumière de ces faits, il convient de reconnaître que l’année 2009 aura été celle de toutes les peines et des épreuves endurées par les Congolais. Les résultats sur terrain montrent que le bilan de cette année d’existence est loin d’être positif, même si quelques efforts ont été faits dans certains secteurs qui n’ont pas d’incidence directe sur le vécu quotidien des Congolais.

C’est la raison pour laquelle dans son discours devant le Congrès, le président Joseph Kabila a donné trois mois au gouvernement pour accomplir des objectifs visant à améliorer la situation économique et sociale de la population congolaise.  » Je souhaite cependant que le gouvernement aille plus loin et plus vite. Je lui assigne donc des objectifs complémentaires à atteindre impérativement d’ici la fin du mois de mars 2010. Il s’agit en priorité de l’adhésion de notre pays à l’OHADA, mesure essentielle pour assurer le secteur privé sur une préoccupation capitale, la sécurité juridique et l’amélioration du climat des affaires », a souligné le Président Joseph Kabila. Ce sont là des défis qui ne peuvent être relevés que si le président congolais se décide vraiment à lutter contre la corruption, les détournements, la concussion, le clientélisme et l’impunité qui, en la manière d’un cancer gangrène le paysage politique congolais. (FIN)

1 COMMENT

  1. Mbote,
    Chers Compratriotes Congolais,nous n’avons pas le temps actuellement de faire le bilan de 5 chantiers de joseph kabila car nous avons deja eu notre OPTION,c’est celui de le faire partir de gres ou de force par les ARMES…
    C’est a lui de faire son bilan de ce qu’il a envoyer a Rwanda,Tanzanie et surtout Afrique du sud,sans oublier l’Europe.
    Kabila,vole,tuer,massacrer,piller…mais une chose est vraie »chaque chose a son Temps… »comme declare la Bible.
    Ton temps est sonne ou tu sera traduit en Justice en cas de votre fuite parce que nous avons deja des indices,comme « usage de Faux »tu est Hyppolite Kanambe et NON joseph Kabila,nous avons des preuves suffisantes…
    Patriotes Resistants Congolais,plus question de negocier car on ne negocie Jamais avec un Etranger du courage car la Main de Dieu est sur Vous;Notre Pays est Humilier par la Presence de Kabila comme President…
    Un homme Avertit en vaux deux.
    CONGO AUX CONGOLAIS.

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