Alors que la fusion entre Randgold et Barrick Gold est devenue effective le 2 janvier, l’ex-patron de Randgold et nouveau directeur général du groupe annonce d’importantes réductions d’effectifs au siège de la société et la cession de certaines mines jugées non-stratégiques.

Nommé directeur général de Barrick – le nom du nouveau groupe – le bouillonnant dirigeant sud-africain a fait savoir aux salariés du siège de Toronto qu’il allait sérieusement couper dans leurs effectifs pour allouer des ressources directement sur les sites extractifs – y compris de R&D et d’équipement de traitement de données – rendant l’entreprise plus efficace et davantage locale.

« Il s’agit d’appliquer le modèle Randgold à Barrick », avait-il expliqué au moment de l’annonce de la fusion, rappelant que Randgold n’avait quasiment pas de siège global, réduit à quelques bureaux londoniens, son top-management passant son temps en itinérance entre les différents sites miniers et réunions de négociation avec les gouvernements pour de nouveaux projets extractifs.

De 170 personnes, les équipes centrales canadiennes vont passer à quelque 70 salariés ont indiqué Mark Bristow et John Thornton, venu de Barrick Gold, auparavant banquier de Goldman Sachs, avec qui il forme le tandem de tête : le premier centré sur les questions opérationnelles, et le second sur les sujets financiers.

Se concentrer sur les mines de « classe mondiale »

Les deux hommes se sont accordés pour concentrer leurs efforts sur cinq mines de « classe mondiale » : deux africaines – Kibali en RDC et Loulo-Gounkoto au Mali ; deux aux États-Unis – Cortez et Goldstrike – ; et une en République dominicaine – Pueblo Viejo.

Les autres gisements et exploitations hérités des deux anciennes sociétés – y compris en Afrique – pourraient, s’ils ne rentrent pas dans les nouveaux critères stratégiques retenus par le groupe, être revendus progressivement au gré des opportunités, et ce alors que le cours de l’or a repris des couleurs, avec une hausse de 7,5 % sur les trois derniers mois.

Deux dossiers africains prioritaires

Deux premiers dossiers africains de cette revue d’actifs seront étudiés de près par Bristow et ses acolytes : d’abord, celui d’Acacia Mining, filiale à 63,9 % de Barrick, où il s’agit de renouer les liens avec les autorités qui avaient infligé à cette société le plus gros redressement fiscal de tous les temps sur le continent – 190 milliards de dollars ! – et bloqué ses exportations d’or ; puis celui de la mine zambienne de cuivre de Lumwana, seul actif sur le continent qui ne soit pas dans la filière aurifère.

Ensuite, ce sera au tour des équipes de Massawa au Sénégal, puis à celles de Tongon en Côte d’Ivoire, d’être fixées sur leurs sorts respectifs.

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