La Mauritanie vote pour élire un nouveau président et désigner le successeur de Mohamed Ould Abdel Aziz. Le chef de l’Etat sortant, arrivé au pouvoir par un putch puis des élections en 2009, ne peut pas se représenter. La Constitution mauritanienne limite en effet à deux le nombre de mandats.

Le coup d’envoi de ce premier tour de la présidentielle a été donné ce samedi matin lorsque quelque 3000 bureaux de vote ont ouvert leurs portes dès 7 heures en heure locale.

Les femmes ont été moins nombreuses à voter que les hommes dans la république islamique.

Les résultats sont attendus en début de semaine prochaine. 

Les six adversaires de Mohamed Ould Ghazouani Mohamed, le candidat du pouvoir, estiment qu’un second tour est inéluctable. Ce dernier est soutenu par le président sortant et les partis de la majorité. Il fera face à Sidi Mohamed Ould Boubacar, ancien Premier ministre soutenu par les islamistes dits modérés de Tawassoul, Biram Dah Abeid, député, militant abolitionniste, Mohamed Ould Maouloud, député également, soutenu par la coalition Changeons d’ère, Kane Hamidou Baba, de la coalition Vivre ensemble. Et enfin Mohamed Lemine El  Mourteji, quasiment inconnu de la classe politique.

« Il passera haut la main »

Qu’est-ce qui fait croire aux sympathisants de Mohamed Ould Ghazouani qu’il pourrait gagner le scrutin au premier tour ? Son porte-parole Sidi Ould Dowmane rappelle « qu’il a le soutien de 130  députés sur les 147 que compte l’Assemblée nationale, le soutien de la quasi-totalité des maires, la totalité des présidents de conseils régionaux. « Notre candidat », déclare le porte-parole, « passera haut la main au premier tour ». Ould Dowmane fait référence aux résultats des élections de septembre 2018. Mais pour l’opposition, cette forte majorité s’explique par l’absence de transparence.

Une CENI controversée

De son côté, Lo Gourmo Abdoul, porte-parole du candidat Mohamed Ould Maouloud pense que, si l’élection se déroule en toute transparence, l’opposition gagnera la présidentielle. « Seule la fraude massive pourrait faire obstacle à ce qu’un candidat de l’opposition gagne, soit  au premier tour, et nous pensons sincèrement que c’est possible, soit au second tour, » affirme-t-il.

A la veille du vote, les candidats de l’opposition émettaient de forts soupçons sur la transparence. Ils parlent de risque de fraude à grande échelle qui, je cite, « pourrait être favorisée par une CENI (Commission électorale nationale indépendante) quasiment acquise au candidat du pouvoir. » 

La Ceni, répondent les militants d’Ould Ghazouani, est composée de représentants de l’opposition et du pouvoir qui ont pris part à un dialogue national.

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