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RFI

Publié le 01-12-2018
Modifié le 01-12-2018 à 22:27

Le Cameroun lance un processus de DDR, « désarmement, démobilisation et réinsertion ». Le décret a été signé vendredi 30 novembre par le président Biya. Le texte explique que ce programme est destiné aux combattants de Boko Haram, dans l’extrême-nord du pays, mais également aux groupes armés sécessionnistes actifs dans les régions de l’Ouest anglophone.

Le DDR sera piloté par le chef du gouvernement, mais dix ministres sont également impliqués, notamment celui de l’Administration territoriale, le ministre de l’Agriculture ou encore celui de la Défense. L’objectif est clair : offrir à ceux qui acceptent de déposer les armes de retourner à la vie civile. Le comité mis en place par le président camerounais prévoit que les armes soient collectées, les anciens combattants cantonnés et accompagnés, notamment dans des programmes de déradicalisation.

Le processus doit concerné deux parties du pays. D’abord l’extrême-nord où Boko Haram est toujours capable de mener des attentats-suicides sur le sol camerounais, comme l’a prouvé le groupe terroriste mercredi dernier à Amchidé. Le chercheur Raoul Sumo du Centre des études stratégiques de Yaoundé estime qu’à Mora, où vivent une centaine de repentis, comme on les appelle, le processus existe déjà de manière officieuse. Le nouveau projet apporte un cadre. « C’est vrai que ça ne va pas totalement résoudre le problème, mais si ce processus s’inscrit dans un cadre beaucoup plus large, je crois que ce sera efficace. Il ne s’agit pas d’une inflexion au sens strict du terme, mais je crois que c’est un premier pas vers la gestion politique de cette guerre », estime-t-il.

Mais pour le politologue Hans de Marie Heungoup, de l’International Crisis Group, la situation est tout autre dans les régions de l’ouest anglophone, où les séparatistes multiplient les attaques. Il estime que le moment est mal choisi. Un diplomate a la même analyse. Difficile de mettre en place un processus de désarmement et de réinsertion sans avoir auparavant signé d’accord de paix, ou au moins engagé des négociations, estime-t-il.

Enfin, le décret signé par le président Biya ne donne aucune information sur le calendrier ni le financement, il évoque simplement des subventions et des contributions internationales.

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