Par Freddy Monsa Iyaka Duku

La situation n’est pas encore réglée pour plusieurs de nos diplomates en poste à l’étranger. Aussi, espèrent-ils que l’actuel ministre des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba, a déjà pris toutes les dispositions pour soulager leur misère.

Malgré tous les engagements pris par les différents ministres des Affaires étrangères, de faire de nos ambassades le cheval de bataille de cette diplomatie de développement, force est de constater que ces bonnes intentions sont demeurées de vœux pieux. Les diplomates congolais à l’étranger restent démunis de tous moyens de rendre les services que l’on attend d’eux. Car rien n’est venu mettre fin à la galère que connaissent nos missions diplomatiques ainsi que les diplomates qui y prestent : la situation financière de nos ambassades reste préoccupante.

Il nous revient que pour l’année 2009 qui est à son sixième mois, les ambassades n’ont perçu que deux mois de frais de fonctionnement (janvier et février 2009) ainsi que le salaire du seul mois de janvier transféré à la fin du mois de mai. Ce qui revient à dire que l’Etat congolais reste tributaire de quatre mois de frais de fonctionnement et de cinq mois de salaires pour l’exercice Budgétaire en cours.

Il y a lieu d’imaginer l’étendue du désastre lorsque toutes les ambassades accusaient déjà quatre mois d’arriérés de salaires (août, octobre, novembre, décembre) et cinq mois d’arriérés de frais de fonctionnement pour l’année 2007, mais également trois mois de salaires (octobre, novembre, décembre) et six mois de frais de fonctionnement (mai, juillet, août, septembre, novembre et décembre 2008).

L’addition donne douze mois de salaire et quinze mois de frais de fonctionnement non payés jusqu’a ce jour. L’on constate malheureusement, et pour des raisons inavouées, que ce phénomène se produit toujours a la fin de l’année civile.

Aux réclamations des diplomates, il leur est répondu que le Trésor ne peut pas répondre favorablement à leurs revendications, les budgets en question sont tombés en annulation ! La question est de savoir où est passé cet argent alors qu’il avait été approuvé par le ministère du Budget.

Curieusement, l’on apprend qu’une mission se rend auprès des missions diplomatiques pour collecter des documents aux fins de faire la reddition des comptes pour l’année 2008. Les mêmes documents que les ambassades envoient chaque mois à la Centrale à Kinshasa avec copies au ministère du Budget. Ces missions comprennent des hauts cadres des ministères du Budget et des Finances, notamment le directeur de cabinet et le conseiller financier du ministre. De là à penser que tout est mis en oeuvre pour empêcher les ambassades d’être performantes et de ne pas répondre à l’attente du président de la République qui a opté pour la diplomatie du développement, il n’y a qu’un pas à franchir pour accréditer cette réponse.

La balle est dans le camp du ministre des Affaires étrangères pour dénicher les oiseaux de mauvais augure et redorer le blason de son département. A en croire certaines informations, l’argent parti de la Banque centrale transiterait dans une banque commerciale pour permettre à ceux qui maîtrisent ce réseau maffieux de s’adonner à l’« opération retour ».

Le Potentiel