Alors que la crise se poursuit au Venezuela, l’Allemagne adopte une position dure ce vendredi 25 janvier. Par la voix de Steffen Seibert, porte-parole du gouvernement allemand, Berlin se dit prêt à reconnaître Juan Guaido en tant que « président par intérim » du Venezuela si des élections libres ne sont pas organisées très rapidement. « Le président vénézuélien Nicolas Maduro ne peut pas être le leader légitime parce que les élections qui l’ont ramené au pouvoir n’ont pas été équitables », dit Steffen Seibert. « Le Venezuela doit organiser des élections présidentielles libres et équitables ou le chef de l’opposition Juan Guaido doit être déclaré président par intérim. »

L’Allemagne est l’un des premiers grands pays de l’Union européenne à aller aussi loin sur la question d’une reconnaissance de l’opposant Guaido. Pour Berlin, l’appel de millions de Vénézuéliens en faveur d’un retour à la démocratie dans leur pays ne peut plus être ignoré. 

L’Allemagne veut s’affirmer

Christophe Ventura, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et spécialiste de l’Amérique latine, explique cette prise de position de l’Allemagne. « L’Allemagne fait partie des pays qui sont sur la ligne la plus dure par rapport au conflit vénézuélien depuis assez longtemps. De ce point de vue, il y a une cohérence qui s’exprime surtout à un moment où on sent des fissures dans la cohésion européenne sur la lecture qui est faite de l’évolution de la situation. » 

Le spécialiste de l’Amérique latine rappelle que, ce qui fait le consensus au sein des pays européens « c’est le rejet du gouvernement Maduro ». Il reste qu’il est difficile de trouver une position commune sur un soutient éventuel à Guaido. « Soutenir Guaido c’est aussi faire face à un scénario dont l’escalade pourrait conduire le pays dans une situation hors de contrôle », explique-t-il.

Manifestation contre Maduro devant l’ambassade du Venezuela au Mexique.

Raisons économiques

Une deuxième raison pourrait expliquer ce soutien de l’Allemagne à Juan Guaido. Selon Christophe Ventura, Berlin veut garder de bonnes relations avec les partenaires économiques de la région qui s’alignent derrière Juan Guaido. « D’une manière pragmatique et intéressée, le gouvernement allemand, qui a beaucoup d’intérêt dans beaucoup de pays d’Amérique latine en dehors du Venezuela, cherche à prioriser ses bonnes relations avec les nouveaux pouvoirs comme Jair Bolsonaro au Brésil. Il y a aussi l’Argentine, le Chili et d’autres avec lesquels l’Allemagne veut avoir de bonnes relations. »

L’UE prépare un appel commun à des élections 

L’Union européenne travaille sur une « déclaration commune« , appelant à la convocation rapide d’élections au Venezuela. Plusieurs pays, dont l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, soutiennent le souhait de Madrid de prévoir une reconnaissance du jeune président du parlement, Juan Gaido, en tant que « président par intérim » du Venezuela.

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