Mais derrière cette stratégie se cache un soutien militaire de Moscou au maréchal Khalifa Khaftar, selon la politologue Nina Bachkatov.« Ils recopient ce qu’ils ont faits dans d’autres régions du monde et notamment en Syrie. C’est à dire qu’ils soutiennent quelqu’un mais, ils ne coupent pas les ponts avec les autres parties. Je dirais que c’est une stratégie de prudence. C’est de la Realpolitik à 100%, » explique la politologue.

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Nina Bachkatov: « Les Russes font de la Realpolitik en Libye »

Le quotidien britannique The Sun, qui cite des sources proches des renseignements britanniques,  indique que Moscou a envoyé en Libye des mercenaires russes de la société militaire privée Wagner qui est déjà présente en Syrie et dans plusieurs pays d’Afrique. Ce que confirme Bara Mikael, spécialiste des relations russo-libyennes.

« Les Russes avaient dépêché des mercenaires, notamment des mercenaires connus à travers la compagnie Wagner, à l’est de la Libye. Donc, à partir de là, je crois qu’effectivement un faisceau d’éléments indique que les Russes ont un canal avec Khalifa Haftar. Quoiqu’il en soit, on ne se trompe pas beaucoup en pensant qu’effectivement, Moscou a plutôt assis et renforcé Khalifa Haftar dans ses positionnements, » souligne Bara Mikael.

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Michel Scarbonchi : « Le pays se délite et Khalifa Haftar n’a pas le choix »

À en croire Michel Scarbonchi, ancien eurodéputé français proche de la Russie, le soutien de Moscou est nécessaire pour mettre un terme au chaos crée par le Premier ministre reconnu par la communauté internationale, Fayez al-Sarraj. « Déjà en décembre 2017, il voulait marcher sur Tripoli. Et c’est Monsieur Le Drian, envoyé en urgence par le président Macron qui l’a convaincu de renoncer à la voie des armes. Et puis, il s’aperçoit que depuis un an et demi, deux ans, rien n’a changé. On est toujours dans la même situation. Le pays se délite. Le pays se divise. Le pays s’appauvrit. Et rien ne change. Donc, il a choisi la solution militaire. Voilà, c’est tout, »conclut-il.

Rappelons que Moscou a bloqué dimanche l’adoption d’une déclaration du Conseil de sécurité appelant les forces du maréchal Khalifa Haftar à arrêter leur avancée.

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