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RFI

Publié le 01-12-2018
Modifié le 01-12-2018 à 08:53

L’enquête sur le massacre de plusieurs centaines de Tutsis, entre le 27 et 30 juin 1994, dans les collines rwandaises de Bisesero, ne sera pas réouverte. On l’a appris ce vendredi 29 novembre. Explications.

Le 22 novembre dernier, les juges d’instruction du tribunal de Paris ont rejetté les demandes déposées par les parties civiles pour relancer ce dossier, clôt en juillet.

La France a-t-elle tardé à intervenir à Bisesero entre le 27 et le 30 juin 1994 durant le génocide rwandais ? Durant quatre jours, plus d’un millier de Tutsis ont été méthodiquement assassinés par les milices hutues. Des survivants rwandais et plusieurs ONG, dont Survie, accusent l’armée française d’être intervenue trop tard. Ce que cette dernière a toujours contesté.

Aucune mise en examen n’a été requise contre les militaires français de l’opération Turquoise mis en cause, ce qui devrait logiquement ouvrir la voie à un non-lieu. les parties civiles réclamaient donc l’organisation de nouvelles confrontations, de nouvelles auditions de militaires et responsables politiques français de l’époque et le versement au dossier de nouvelles pièces.

« On ne peut pas suivre ces juges qui on a l’impression –, cherchent à ménager les militaires, cherchent à ménager la chaîne de commandement militaire, cherchent à ménager les décisions politiques… , s’indigne Eric Plouvier, avocat de l’association Survie, partie civile dans ce dossier. Et on voit encore que notre justice, aussi indépendante soit-elle, a encore quelques frilosités à s’attaquer à des décisions politiques qui sont prises en dehors de tout contrôle démocratique.

Et on s’aperçoit, même après vingt-quatre ans, qu’on est encore incapable de digérer une éventuelle responsabilité pénale au plan de notre institution judiciaire et c’est tout à fait regrettable. Pour toutes ces raisons, nous avons décidé d’interjeter appel des décisions qui ont été rendues par les trois juges d’instruction devant la cour d’appel de Paris. Et on verra ce que décidera la cour d’appel de Paris, mais on risque, là encore, d’avoir des surprises sur les suites qui vont être données à notre appel ».

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