En l’absence d’Ali Bongo Ondimba, hospitalisé à l’étranger, le Premier ministre focalise tous les regards. Dans l’opposition comme dans son propre camp, on guette ses moindres gestes.

Emmanuel Issoze Ngondet marche sur des œufs. C’est un art délicat qu’il convient de pratiquer quand on est Premier ministre et que, subitement, on a la responsabilité de faire fonctionner un État privé de son chef, en « indisponibilité temporaire ». Nul ne sait quand Ali Bongo Ondimba, hospitalisé à l’étranger pour un accident vasculaire cérébral survenu le 24 octobre, reprendra les rênes du pays.


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« Libreville est une maison de verre, tout finit par se savoir », avait coutume de dire Omar Bongo Ondimba… Ça n’est plus vrai : ces dernières semaines, il a fallu vivre sans savoir et, dans le cas d’Emmanuel Issoze Ngondet, avancer dans l’épais brouillard du marécage politique gabonais tout en sachant que les sauriens qui l’infestent ont opportunément retrouvé l’appétit d’un pouvoir qu’ils croient bientôt remis en jeu.

Qui est fou ? Il ne faut rien dire ni entreprendre qui apparaisse comme une trahison envers le président. Cela se paierait cash après son retour

Question de survie

À 57 ans, Issoze Ngondet ne se fait guère d’illusions. Il sait que, dans les semaines qui viennent, il va devoir protéger le président des ambitieux du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) aussi sûrement que de ses traditionnels adversaires de l’opposition. Volontiers badin sur les plateformes de messagerie cryptée, il n’a plus donné suite aux sollicitations sitôt la nouvelle de l’hospitalisation du chef de l’État rendue publique.

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