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RFI

Publié le 22-11-2018
Modifié le 22-11-2018 à 14:19

En Ethiopie, une femme, qui plus est opposante, vient d’être élue à la tête du National Electoral Board of Ethiopia (NEBE), la Commission électorale nationale. Birtukan Mideksa était rentrée il y a deux semaines en Ethiopie après sept ans d’exil. C’est le Premier ministre, Abiy Ahmed, qui a proposé sa candidature. Le jeune chef du gouvernement prouve une fois de plus ses vues progressistes.

Abiy Ahmed a encore frappé et prouve une nouvelle fois l’importance des femmes dans sa vision de l’Ethiopie. Le Premier ministre avait déjà nommé un gouvernement paritaire inédit le mois dernier. Il avait ensuite choisi, pour la première fois, une femme, la célèbre avocate Meaza Ashenafi, à la tête de la Cour suprême.

Abiy Ahmed a finalement proposé Birtukan Mideksa pour diriger la très sensible Commission électorale. Même si plusieurs parlementaires ont questionné son impartialité vu son rôle passé dans l’opposition, les députés l’ont finalement élue. Tout un symbole, elle a d’ailleurs prêté serment devant la nouvelle plus haute magistrate du pays, Maeza Ashenafi.

Opposante, fondatrice du parti UDJ, Birtukan Mideksa avait été arrêtée après les élections de 2005. Condamnée à perpétuité, emprisonnée pendant 18 mois, l’ancienne juge fédérale avait dû quitter le pays pour un exil de sept ans, notamment aux Etats-Unis. A l’invitation du gouvernement, Birtukan Mideksa est rentrée en Ethiopie il y a deux semaines.

Elle aura la lourde tâche de préparer les élections de 2020. Elle devra notamment restaurer la confiance des Ethiopiens en leurs institutions judiciaires, souvent vues comme des instruments du pouvoir. Elle ne s’y est d’ailleurs pas trompée. Ce jeudi matin, elle a déclaré que « la Commission électorale devait lutter pour que son travail soit transparent et crédible ».

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