Pas de nouveau chef du gouvernement, malgré  l’accord de « coalition politique » et de « partage du pouvoir » signé début mars par les leaders de deux coalitions, le Front commun pour le Congo (FCC) pro-Kabila et le Cap pour le Changement (CACH) pro-Tshisekedi, invitant ce dernier à nommer « rapidement » un Premier ministre.

Mardi matin, selon la radio TopCongo, citant une source à la présidence de la République, Felix Tshisekedi aurait refusé de nommer Albert Yuma comme chef du gouvernement. Yuma est l’actuel chef du patronat congolais et aussi le président de la Gécamines.

Selon la même source, Tshisekedi désire nommer « une personnalité qui reflèterait plus le changement qu’il incarne ».

Pour Israël Mutala, analyste politique et économique, cette situation expliquerait la tension qui est montée d’un cran depuis quelques jours entre le FCC et le CACH.

« Les négociations sont tendues entre FCC et CACH parce que la candidature proposée au poste du Premier ministre par le FCC n’a pas été agréée par le camp présidentiel. Donc c’est ce qui a braqué les négociations, et le FCC estime qu’il  va durcir les conditions de partage des postes ministériels. C’est ce qui fait qu’il y a des tensions qui bloquent la nomination d’un gouvernement qui doit d’abord passer par la désignation d’un Premier ministre », explique-t-il. 

 

« Un marché de dupes »

Selon la constitution de la RDC qui consacre un régime semi-présidentiel, le Premier ministre nommé par le président de la République doit être issu de la majorité au Parlement et dans ce cas, c’est au FCC de Joseph Kabila que revient donc cette désignation puisque ce parti est arrivé en tête des élections législatives.

Maître Herve Diakiese, activiste du mouvement Le Congolais Debout, pense que l’alliance FCC-CACH est un « marché des dupes ».

« Sans mâcher mes mots, c’est un marché des dupes, beaucoup se sont faits une idée de cette coalition, le communiqué (du 6 mars 2019) CACH-FCC pour moi c’était quelque chose qui visait juste à calmer les interrogations de plus en plus légitimes, les inquiétudes de la population », indique M. Diakiese. 

 
Difficile d’évaluer les conséquences économiques de cette longue attente du nouveau gouvernement, mais Israël Mutala pense qu’à court terme cette situation pourrait faire douter des investisseurs étrangers.

« Les conséquences sont que pour l’instant il n’y a pas beaucoup d’investisseurs qui se bousculent parce qu’il appartient au Premier ministre de conduire la politique de l’Etat et les opérateurs économiques ont besoin d’une vision », observe-t-il. 

Dans cette situation bloquée, le choix du prochain Premier ministre annoncera sans aucun doute les couleurs de la gouvernance de Félix Tshisekedi.
 

Read More