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RFI

Publié le 17-11-2018
Modifié le 17-11-2018 à 23:39

En Centrafrique, le chef anti-balaka Alfred Yecatom Rhombot, mieux connu sous le surnom de « Rambo » a été extradé, samedi 17 novembre, vers la CPI à La Haye. Un mandat d’arrêt avait été déposé contre lui le 11 novembre 2018 pour des crimes de guerre et crimes contre l’humanité qu’il aurait commis entre décembre 2013 et août 2014 à Bangui et dans l’ouest du pays. Il avait été arrêté le 29 octobre dernier à l’Assemblée nationale après avoir sorti son arme dans l’hémicycle. « Rambo » comme il est surnommé était un chef de groupe armé très craint.

Au plus fort de la crise, la milice d’Alfred Yecatom Rhombot, ancien caporal-chef de l’armée régulière, contrôlait une grande partie du sud-ouest de la ville de Bangui ainsi que la route jusqu’à Mbaïki à 110 km de la capitale. Douze checkpoints avaient été érigés sur cet axe où le groupe armé composé d’une centaine d’hommes taxait les véhicules. Des droits de passage avaient aussi été imposés sur la rivière Oubangui.

Le groupe de « Rambo » composé d’environ 3000 hommes était lourdement armé d’AK47, de RPG et de mines antipersonnel. Un cas a particulièrement marqué les esprits à Bangui. Il aurait enterré une personne vivante. Il a participé à l’attaque meurtrière du 5 décembre 2013. Une attaque coordonnée du camp Kassaï, de l’Assemblée nationale et du quartier de Boy-Rabe qui a fait plus de 100 victimes.

Après la crise, Alfred Yecatom Rhombot s’était reconverti en créant sa société de sécurité privée. Il avait aussi été élu député de la circonscription de Mbaïki en 2016. Il a été arrêté le 29 octobre dernier, alors qu’il avait sorti son arme dans l’hémicycle lors de l’élection du nouveau président de l’Assemblée nationale. Il était depuis détenu au camp de Roux.

Alfred Yecatom Rhombot a été remis à la CPI ce samedi à Bangui. L’avion a décollé en début d’après-midi. Il était sous mandat d’arrêt sous scellé et donc maintenu secret. Il est aussi sous sanction des Nations unies depuis 2015.

« La FIDH se félicite du transfèrement de Rhombot à la CPI, c’est un message fort pour les leaders de groupes armés. Ceux qui pensent s’arroger une amnistie à la table des négociations font fausse route », commente Pierre Brunisso, coordinateur de projet de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) à Bangui.

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