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RFI

Publié le 09-11-2018
Modifié le 09-11-2018 à 16:34

L’Algérie fait un geste d’apaisement. Pointées du doigt pour la répression de la liberté de la presse, les autorités remettent en liberté deux journalistes. Les deux confrères d’Algérie Part avaient été mis en détention préventive il y a deux semaines pour « diffamation, menaces et atteinte à la vie privée ». Ce jeudi, le tribunal a demandé « un complément d’information ».

L’ambiance était particulièrement tendue ce jeudi au tribunal. Des journalistes s’étaient rassemblés dans la matinée en soutien à leurs collègues. Et l’audience a duré jusque tard dans la nuit.

Abdou Semmar et Merouane Boudiab du site Algérie Part sont visés par les plaintes de deux personnalités. Anis Rahmani, patron du plus grand groupe de médias privés du pays, et celle du préfet d’Alger, Abdelkader Zoukh.  Les deux hommes dénoncent des propos diffamatoires à leur endroit, diffusés sur le site.

Problème pour les avocats de la défense, leurs plaintes sont arrivées après la mise en garde à vue d’Abdou Semmar. L’une des nombreuses « irrégularités » de l’enquête préliminaire, selon eux. Le tribunal a considéré qu’il avait besoin de davantage d’informations pour trancher. L’enquête devrait donc se poursuivre après cette remise en liberté.

Pour Reporters sans Frontières, le procès n’est tout simplement pas justifié. « D’un côté, on est bien sûr soulagés de la libération des journalistes Abdou Semmar et Merouane Boudiab. Mais d’un autre côté, ils restent quand même poursuivis pour diffamation. Et on demande l’annulation du procès. Notre positionnement est clair : pour nous, ce procès n’a pas lieu d’être », estime Souhaieb Khayati, du bureau Afrique du Nord.

Dans cette affaire, un troisième journaliste est encore incarcéré. Il s’agit d’Adlène Mellah, directeur des sites d’information Algérie Direct et Dzair Press. Selon ses avocats, il devrait comparaître dimanche prochain.

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