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Pas de divergence entre la BCC et le gouvernement sur la fixation des taux d’intérêts débiteurs des banques

BCC-Ils ne se regardent pas encore en chiens de faïence. Ils continuent de se côtoyer, malgré certaines divergences qui les opposent. Comme deux frères siamois, ils sont bien obligés de se rencontrer régulièrement pour garantir la stabilité du cadre macroéconomique. Les deux, c’est évidemment la Banque centrale du Congo (BCC) et le gouvernement. Cependant, si la BCC est prête à s’assujettir au gouvernement sur certains sujets, elle n’est pas disposée à accepter son diktat en matière de politique monétaire. Autant de précisions livrées lundi dernier à la presse par Jean-Claude Masangu, gouverneur de la BCC.

Entre la Banque centrale du Congo et le gouvernement, ce n’est pas encore le langage des sourds. Sauf que la BCC tient à préserver ce qu’elle garde de plus précieux, c’est-à-dire son indépendance dans la conduite de la politique monétaire. C’est le moins que l’on puisse dire au regard des sons discordants venus de part et d’autre dans l’interprétation des taux d’intérêt débiteurs appliqués par les banques commerciales.

En effet, le gouvernement pense que les banques commerciales n’ont aucune raison d’appliquer des taux élevés, variant entre 15 et 24% au moment de l’octroi de crédit, alors que le taux d’intérêt de la BCC se situe aujourd’hui à 3%. De son côté, l’Institut d’émission qui rappelle son indépendance en matière de politique se range du côté des banques commerciales, appelant en même temps à la prudence dans le traitement de ce dossier.

Lundi dernier au sortir de la réunion hebdomadaire de la troïka stratégique, qui se tient comme chaque lundi, autour du Premier ministre, le gouverneur de la BCC a tenté de recadrer le tir. D’entrée de jeu, Masangu a exclu toute divergence entre son institution et le gouvernement. Mais, il a toutefois levé l’équivoque. « D’abord, c’est une matière monétaire, ça concerne d’abord la Banque centrale en premier lieu », a-t-il précisé.

Divergences parallèles

Sans pour autant remettre en cause le point de vue défendu par le gouvernement, il s’est dit prêt à engager des discussions avec les banques, promettant de jouer à la transparence comme dans la fixation du taux de change, régulièrement affichés à chaque début de journée. « Je verrai également les banques commerciales, mais ce que nous allons faire, c’est afficher le taux débiteur des banques, le taux créditeur comme nous faisons pour le taux de change de façon à ce que l’opinion puisse connaître le niveau de taux d’intérêt et juger si ces taux d’intérêt sont trop élevés ou pas », a-t-il promis.

Si la BCC reconnaît avoir les mêmes objectifs que le gouvernement, notamment la relance de l’économie, son gouverneur n’est pas prêt à voir ce dernier empiéter sur son domaine d’action. « Nous avons tous les mêmes objectifs. L’objectif du gouvernement, c’est relancer l’économie ; on ne relance pas l’économie avec de taux d’intérêt qui sont très élevés. Nous venons de baisser le taux directeur de la Banque centrale. Donc, nous agissons dans ce sens, mais c’est une matière qui concerne d’abord la Banque centrale, c’est une matière monétaire. Nous avons les mêmes objectifs et lorsque nous avons les mêmes objectifs, il y a un pilote en ce qui concerne la politique monétaire et le pilote c’est la Banque centrale », a rappelé Masangu, comme pour lever tout malentendu sur l’intrusion dans son champ d’activité.

Aux clients des banques commerciales, le gouverneur Masangu a juste lancé un appel à l’apaisement. « Que les clients attendent, ils verront certainement les taux baisser peut-être pas tout de suite mais graduellement, puisque nous allons dans ce sens là », a-t-il souligné.

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