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L’ordre mondial issu de 1945 est mort…

Interview de M. Tshiyoyo Mufoncol sur la liberation de la RD Congo!-L’ordonnancement actuel du monde, imposé par les vainqueurs de la deuxième guerre mondiale, et particulièrement par les Anglo-saxons,  s’éteint. Des signes précurseurs,  bien qu’encore imperceptibles »,  sous le regard énigmatique de quelques aveugles soumis, et qui ne cessent de nous vanter des bienfaits d’un ordre décadent, surgissent sur les feux de la lumière. Mais ce qui semble certain, véridique,  est que les Anglo-saxons, qui en furent ses initiateurs, ne paraissent plus être en mesure, et suivez bien ma formulation,  pour éviter d’être traité de « radical », comme souvent c’est malheureusement le cas, d’ « administrer » et seuls,   comme par le passé, toutes ces institutions, instruments de leur puissance, notamment  celles de Bretton Woods et  l’ONU, ce « machin » tel que De Gaulle  aimait bien la qualifier.  Hier encore, Ils venaient de lâcher la direction de l’OMC. . Et du coup, comme dans l’accoutumée, les  «médias mensonges » se prennent à déclarer l’OMC d’institution caduque.

 

Les rapports de force ont changé d’abord au sein de l’Europe, entre les États européens et ensuite dans le monde. L’Europe actuelle présente une similarité avec celle d’antan, de 1945, où la force de l’Allemagne seule régentait le reste de l’Europe. Mon propos, ici,  n’est pas de faire de comparaison chiffrée mais je constate, comme beaucoup d’ailleurs, que la France,  bien que restant ’un peu « décomplexée » face à l’Allemagne,  pèse aujourd’hui moins  dans la balance avec l’Allemagne. Sa situation actuelle face à l’Allemagne  ressemble fort bien, peut-être que j’exagère,  à celle datant de l’époque de son occupation par Hitler et ses Allemands.  Pour ce qui est, elle est instrumentalisée et demeure sous les bottes des USA. Et l’Allemagne qui fut le grand vaincu d’hier, divisée, humiliée et régentée à son tour par les Anglo-saxons, se régale, cinquante ans après,  d’une suprématie bien chèrement reconquise. Même si elle reste, elle-aussi, mais pour combien de temps encore, sous la gestion de l’Amérique. L’Allemagne a recouvré son unité, sa dignité, sa place  et  a de nouveau forgé son « histoire » dans le concert des nations. Ce peuple serait-il grand face aux Anglo-saxons ? Les Européens ainsi que les Américains savent du moins ce que leur technologie doit et aux Allemands et au savoir allemand après la deuxième guerre mondiale. Néanmoins,  il reste aux peuples allemands, qui en possèdent  certes les moyens,- mais le voudrait-il,  et à quel prix, pour quelles raisons stratégiques-  de s’émanciper totalement de l’emprise anglo-saxonne ?

 

L’ordre du monde infligé par les vainqueurs en 1945  est mort. Poutine, le lion,  en portant secours à Assad, le renard « arabe », démontre à travers ce geste ce qui  en reste de ce rêve. Le soutien de Poutine à  Assad rejoint un modèle de l’expression de  la théorie de l’alliance du lion et du renard pour éviter d’être victimes des Loups. Dans ses nouveaux habits, qui lui siéent à merveille, le tsar Poutine, qui reste aux aguets,  séduit et apparait comme l’irréductible l’héritier de Staline, l’un des créateurs de l’ONU, l’Organisation des Nations Unies..

 

La structure actuelle de l’ONU, qui non seulement a placé le Congo-RDC sous sa tutelle mais également le dirige, ne concorde à la réalité des rapports de force dans le monde aujourd’hui. L’absence de l’Allemagne ou encore de l’Inde au sein de son Conseil de Sécurité la rend et ses jugements d’aucune utilité. Je ne saurais me leurrer longtemps, car les relations entre les hommes et les nations entre-elles demeurent à jamais une relation de pouvoir de domination. L’ONU restera à jamais un instrument de puissance au service des plus forts ou de la force. Qu’à cela ne tienne,  sa refonte totale est plus qu’une exigence à l’instant même. Et la même règle s’impose également sur le contrôle et la gestion des institutions de Bretton Woods. Cette option est la même que celle défend l’’ambassadeur singapourien, Kishore Mahbubani, auteur du livre “The Irresistible Shift of Global Power to the East ». Lehmann le cite dans son article paru sur le site de Réseau Voltaire en date du 02.09.2008 et qui est intitulé « Déclin de l’Occident et montée de l’Orient ». Kishore Mahbubani affirme, haut et fort, que: « Le monde […] a perdu pour l’essentiel sa confiance dans les cinq États nucléaires. C’est cette incapacité à exercer convenablement un leadership qui fait que l’Occident est aujourd’hui davantage le problème que la solution. [Ensuite, il admet que]  les pays d’Asie ne sont pas encore prêts à intervenir. Il en va de même des institutions financières internationales. [Il émet un doute, en se basant sur des raisons évidentes] qu’aucune des trois plus importantes – la Banque mondiale, le FMI et l’OMC – ne subsistera jusqu’à la prochaine décennie, [D’où] il est d’une importance capitale de les conserver. Mais, bien entendu, il faut les transformer et les désoccidentaliser. Il ne faut plus que les postes de directeur de la Banque mondiale et du FMI soient attribués automatiquement à des États-uniens ou à des Européens, comme si c’était écrit dans l’Évangile ; ils doivent être globalement ouverts à des talents du monde entier. Il est également important que la Banque mondiale n’ait plus son siège à Washington DC et dissémine ses employés dans les pays où elle opère. L’esprit internationaliste tel qu’il s’incarne dans la Charte des Nations unies doit donc être maintenu, voire revivifié ».

 

La fin de l’empire est inévitable. Le pape Polonais Jean Paul II l’aurait prophétisé également si on en croit à l’auteur du livre « Sa Sainteté. Jean Paul II et l’Histoire de notre époque », qui rapporte que, le jour de vendredi saint, Jean Paul II,  « transportant sa croix sur ses épaules,[…] [et] s’arrêtant devant « le Colisée- symbole de l’impérialisme criminel de la Rome antique- et, désignant l’horrible édifice, a déclaré,  [ en rapport avec le début de  l’attaque contre l’Irak et qui coïncidait avec le Pâque chrétien] : « Même l’Empire romain a fini par s’effondrer », cité par  Luciano Canfora,  in « La Nature du Pouvoir » paru aux éditions, Les Belles Lettres, en 2010,  p.86.

 

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L’Afrique semble être absente du débat et de la lutte du positionnement  qui est en gestation alors que ce trouble d’accouchement pose le jalon d’un énième « désordre mondial » en construction. Et comme toujours,  les supposés faibles ou les « absents » resteront sur le pavé faute d’avoir tout simplement osé. Et pourtant, l’Afrique possède  les moyens de son devenir, de sa prise de parole pour la faire entendre et respecter. Son seul handicap,  d’après moi, et j’ose cette option, réside dans le fait qu’elle se laisse distraire à prendre part à une course  effrénée que l’Occident et l’élite africaine qui épouse cette vision unilatérale de la notion de développement infligent à l’Afrique.  Un modèle de  « développement –mensonge-appât »  dont  seul l’Occident et aujourd’hui la Chine détiendraient le secret et les manèges. En longueur des journées, j’entends toujours ces « savants » africains et « nègres » crier à tue-tête, et  comme des condamnés à morts : « développement, développement ». Le terme développement tel qu’entendu et compris par ceux qui le défendent exprime l’occidentalisation du monde. L’existence d’un seul paradigme dans le monde alors que ce que  le concept « paradigme »  admet « la possibilité de différentes explications également vraies pour une même réalité. ».

 

La guerre qui est menée, affirme Colette Braeckman dans son livre « Les Nouveaux prédateurs, Politique des puissances en Afrique centrale », , est « d’abord avec les idées. Les concepts précèdent les hostilités, et les préparent. Étiquettes collées à la hâte sur la réalité mouvante, ils permettent souvent d’aller au combat le cœur léger. Les Américains excellent à ce jeu ! ». Voilà comment ces « intellos » s’engouffrent dans le piège mains et pieds liés en train de répéter comme des perroquets, et ce après leurs maitres à penser, des expressions qui font plaisir à leurs créateurs comme « démocratie », « gouvernance », « guerres de basses intensités », « Zéro morts », le «  terrorisme », la « non-violence », la « faillite de l’État », un « État faible ». ect..

 

Faut-il entreprendre une guerre juste pour rattraper celui qui vous l’impose, qui en a fixé les modalités, sa ligne d’arrivée alors qu’il s’est envolé depuis de lustre ? En plus, en quoi consiste ce modèle qui, pour survivre, confinerait uniquement  l’Afrique comme pourvoyeur des matières premières et énergétiques et grenier d’une main-d’œuvre moins chère et exploitable. En se soumettant à ce jeu de dupes, l’Afrique limite ses potentialités en ramenant ses besoins au niveau des conditions animales : la bouche, le ventre et le sommeil, alors que son besoin le plus pressant aujourd’hui, de l’Afrique,  reste plus que jamais de nature identitaire, « to be or not to be », avant d’être économique.

 

Loin de moi l’idée de lancer un appel à l’union de l’Afrique,  par crainte de la soumettre sous d’autres secousses, sous d’autres formes de domination du genre de grands peuples comme les Zoulou, les Ashanti et autres, ou encore dans le débat imposé des Nilotiques et des Bantu, un danger « divisionniste » qui fait le lit des loups se trouvant déjà dans la bergerie. Ce qui  aura comme conséquences immédiates d’amoindrir  ses atouts face aux grands ensembles demain, géostratégiques et démographiques comme la Chine, l’Inde, l’Europe politique en construction, la Russie et les USA. C’est dans ce jeu qu’il faut inscrire la RDC-Congo. Et non nous ressasser tout le temps de Paul Kagamé ou de la « Kabilie », parce qu’ils existent à peine sous les manettes de ceux qui les pilotent.

 

L’Afrique a un peuple. Et ce peuple  a une histoire, un passé et un présent. Son peuple est créateur. Au lieu de laisser notre jeunesse s’envoler vers des recoins où elle sert  plus d’esclaves et de main-d’œuvre « bon marché »,  l’Afrique ferait mieux d’offrir des possibilités de rêve notamment dans le domaine d’Art comme la pensée et la force de la parole de l’Occident s’éteignent. « L’état d’exception dans lequel nous vivons est la règle, reconnait (Homi Bhabha dans son livre Les Lieux de la Culture / une théorie postcoloniale), il nous faut en venir à une conception de l’histoire qui corresponde à cet état ». La seule force de la France dans le monde reposait hier sur artistes et autres grands écrivains et non sur son économie. Les Congolais en sont capables. .

 

Je comprends pourquoi « ceux-d’ ici », des Congolais, ont livré Lumumba à la mort. L’erreur des gens comme Lumumba est de vivre un siècle avant leur peuple.

 

Likambo ya mabele, ezali likambo ya makila

 

 

Mufoncol Tshiyoyo

Président du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC

RAP-en sigle, mouvement politico-militaire

004745007236 mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com

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