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L’opposition sans porte-parole officiel

Par BBC Afrique

Vital Kamerhe PN de l'UNC

-Divisée depuis les élections de l’année dernière, l’opposition politique de République démocratique du Congo redevient sur le devant de la scène à l’occasion de la désignation de son porte-parole, un poste officiel prévu par la loi. Mais malgré l’expiration du délai prévu samedi dernier, aucun consensus sur le chef de file des opposants ne se dégage.

Les parlementaires de l’opposition avaient jusqu’au 9 juin pour désigner leur porte-parole, un poste reconnu par la loi au même niveau qu’un ministre d’Etat, y compris en termes de salaire et d’avantages.

Une place forcément convoitée, sauf par Etienne Tshisekedi, le candidat arrivé officiellement deuxième lors de la présidentielle critiquée de novembre 2011 mais qui estime lui avoir gagné le scrutin.

Eugène Diomi est le porte-parole de la « Majorité présidentielle populaire », qu’il définit comme la «famille politique» de ceux qui reconnaissent M. Tshisekedi comme président.

Pour lui Mr Mr Etienne Tshisekedi wa Mulumba est “le président élu du peuple congolais”.

“Nous qui nous battons pour que les choix du peuple congolais s’imposent, nous ne sommes pas intéressés par les querelles actuelles au sujet du poste de porte-parole de l’opposition. Pour nous en effet, celui-ci est connu : il s’appelle Joseph Kabila.»

Le président en place appréciera l’ironie.

Quant à son ancien allié passé à l’opposition, Vital Kamerhe, il a été officiellement désigné par son parti l’UNC comme candidat au poste de porte-parole la semaine dernière.

Reste à voir si une élection aura effectivement lieu : depuis sa création en 2007, le poste est resté vacant.

Malgré ses divisions entre ceux qui participent aux travaux parlementaires et ceux qui boycottent les institutions, l’opposition se veut incisive.

Lors de sa conférence de presse mardi, Eugène Diomi a critiqué l’impression de nouveaux billets jusqu’à 10,000FC par le gouvernement contre 500F maximum actuellement, dans lesquels il voit une menace inflationniste.

Il s’oppose aussi au sommet de la Francophonie prévu en octobre à Kinshasa.

«Nos populations sont abandonnées à elles-mêmes dans l’est du pays et croupissent dans la misère la plus noire, ne sachant même pas où aller. Dans la brousse, les gens sont tués, massacrés, et ici on veut dépenser au vu et au su de tout le monde 22 millions de dollars pour organiser cette cérémonie qui ne sert d’ailleurs à rien», a martelé Eugène Diomi.

 

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