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LIBÉRONS LE PAYSAN CONGOLAIS POUR DÉLIVRER LE CONGO…

 

Mufocol Tshiyoyo
Mufocol Tshiyoyo

Toute forme de domination extérieure  et ses agents  d’exécution actuellement en opération  en  RD- Congo se plieront à la volonté nationale que lorsque ceux de  Congolaises et Congolais,  qui avant tout auront compris et  intériorisé la vraie philosophie de la lutte contre la soumission et  ses conséquences,  arrêteront  de faire uniquement reposer leurs actes sur des esprits « formatés idéologiquement ».

Et sans  faire  le panégyrique de  l’ « analphabétisme »,  le constat est que la plupart de ceux qui ont combattu au Vietnam et qui ont successivement vaincu le Japon d’abord,  la France ensuite à Ðin Biên Ph et finalement les USA pendant la guerre du Vietnam, tous presque furent  des paysans vietnamiens. Ils étaient comme le dit un auteur anonyme « […] moins formatés idéologiquement, […] analphabètes,  [ils] percevaient la présence américaine au même titre que celle des japonais et des français [comme] des envahisseurs »  ( http://histoirepontus.unblog.fr/files/2011/12/laguerreduvietnam.pdf ).  Dans leur combat, Il était plus question d’une lutte pour la liberté » et non pour un perchoir au parlement, ou au Senat et encore moins à  la présidence de la République.

Le « lettré », ou le « semi-lettré » ou encore « l’intellectuel », sa forme la plus avancée,  issu de l’école du type « occidental » semble être trop « regardant » dans son comportement quand sonne  l’heure  d’agir ou l’appel à l’action.  Imbu de lui-même parce que corrompu par la prétention de son savoir,  le « lettré »  ou l’intellectuel hésite  de se salir les mains alors que  celles du paysans sont couleur de terre. Les raisons  de justification infondées ou pas pèseront toujours,  mais à l’heure actuelle l’état incertain du Congo dépasse le stade d’un simple engagement et de profusion  de prudence. 

 Les évènements qui jusque-là furent  initiées au Congo,  le cas notamment de la tenue de la Conférence Nationale Souveraine, à laquelle nous avons pris personnellement part ainsi que d’autres manifestations que nous avons eu à organiser à la fois pour contrer Mobutu et imposer une présence forte sur le terrain et ce dans un cadre collectif sous le label de l’Union Sacrée de l’Opposition radicale (USOR et plus tard USORAL), démontrent l’exclusion et la non-participation de la population paysanne du Congo.  Les  marches de protestation, les sit-in, les villes mortes, et autres tracts à distribuer ont plus touché et concernent aujourd’hui encore un public urbain.  C’est-à-dire les 20 % de la population congolaise qui habitent les villes et autres centres urbains à l’opposé de la majorité qui est-elle  constituée de paysans : «[…] des hommes qui, sous le poids du jour, sans cesse exposés au soleil, à la pluie, au vent, à toutes les intempéries de saisons, labourent la terre, déposent dans son sein, avec la semence qui fructifiera, une portion de leur force et de leur vie, en obtiennent ainsi, à la sueur de leur front, la nourriture nécessaire à tous » (Laminais, le Livre du peuple).

Malgré leur bonne foi et leurs efforts à louer, on ne peut indéfiniment mobiliser  les citadins dans une action à longue durée dépassant plus d’un jour.  L’homme de la ville est  séduit par un mode de vie qui l’oblige à préférer du pain le matin, à se complaire et à trouver du plaisir dans les embouteillages de circulation lors de ce qu’on appelle communément «  heures de pointe » dans les sociétés de consommation.  Aujourd’hui, les citadins « facebookent ». Ce qui s’apparente au « tittytainment » un procédé  suggéré par Zbigniew Brzezinski  qui consiste à un panachage de récréation abrutissant et d’alimentation suffisante permettant de maintenir de bonne humeur une population dépouillé.

La durée dans la lutte exige la permanence de combat et la mobilisation citoyenne et non  un cheminement par atermoiement.  Et pour ce faire,  la libération de la paysannerie congolaise est en ce moment plus que la voie obligée,  la garantie d’un combat difficile et émancipateur.  Elle répond au besoin et à la nature du choc que subit le Congo.  Ce qui plus est, la disponibilité des paysans Congolais est totale.  Ces derniers constituent l’arme la plus assurée, le fer de lance d’une véritable bataille qui implique le Congo.  « Plus sans doute qu’aucun autre événement, c’est la révolution chinoise qui a fait entrer les masses paysannes dans l’histoire», écrit Bianco dans son article intitulé « Les paysans et la Révolution : chine 1919-1949 »  ( http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_2-342x_1968_num_33_2_6119 )

Ceux qui souvent s’expriment au nom du Congo mettent plus l’accent sur les « matières premières » ou les « ressources naturelles » que regorge la RD-Congo. Il semble en outre que c’est le genre de propos que les maitres des uns et des autres aiment plus entendre. Mais rarement, ils font allusion aux hommes, à la ressource humaine que sont ces femmes et hommes  peuplant le Congo et dont l’absence empêcherait tout développement» qualitatif et quantitatif. Pour ceux-là ,  le Congo ne serait juste que son sous-sol, le Coltan, le diamant, l’or, le pétrole, etc. Quid de Congolaises et de Congolais ? De l’est du Congo, on préfère faire violer les femmes pourvu qu’on puisse y extraire du  Coltan.

Le sous-sol chinois ou Indien ne renferme pas autant que celui du Congo. Et contrairement aux idées reçues, le miracle chinois ou asiatique non lié à la richesse de son sous-sol comme certains ne cessent de le répéter et crier fort en ce qui concerne le Congo. Tout le monde, tous alors, ne parle du Congo et de l’Afrique qu’en termes de matières premières. L’Occident, le premier et ensuite ses « bons » élèves « Noirs et africains » dont l’esprit est formaté selon le type d’enseignement reçu dans ces écoles. Personne ne fait allusion ou ne met l’accent sur la première et l’unique richesse que le Congo et l’Afrique possèdent : sa main d’œuvre. S’il y a eu délocalisation et transfert des technologies vers l’Asie, la cause et la raison première restent le coût de sa main d’œuvre locale. Et non pour cause de matières premières. C’est tout simplement ridicule pour l’homme « noir » et pour ceux qui prétendent lui apporter de la lumière quand ils ne cessent de promouvoir le Continent et le pays sur de fausses bases.”

De la Chine et de l’Inde, Martine Bulard recourt à l’image de « l’atelier du monde » et du « bureau de la planète ». Une fois de plus, il s’agit des hommes et femmes et non de ressources naturelles. C’est aussi le cas de Jean-Christophe Victor  qui dans une interview accordée déclare ce qui suit : «  Les deux principaux éléments qui, […] ont engendré ce basculement du monde, résident d’une part dans la démographie et d’autre part dans l’écart entre les taux de croissance asiatiques et les taux ailleurs dans le monde. […] . J’ajoute à ces deux éléments majeurs les nombreuses délocalisations liées aux écarts de coûts de la main-d’œuvre entre puissances de l’OCDE et de l’Asie, et qui ont contribué à accentuer ce différentiel de croissance entre pôles géopolitiques et économiques », fin de citation (http://mecanoblog.wordpress.com/2013/02/04/le-basculement-du-monde-est-une-revanche-sur-lhistoire/)

Je conclus ce texte en paraphrasant Che Guevara dans son discours de 1967, et je cite : « ” Nous ne pouvons pas prévoir l’avenir, mais nous ne devons jamais céder à la lâche tentation d’être le porte-drapeau d’un peuple qui aspire à la liberté, mais se dérobe à la lutte qu’elle implique et attend la victoire comme une aumône.  […] le moment actuel peut être ou ne pas être le moment indiqué pour déclencher la lutte, mais nous ne pouvons-nous faire aucune illusion, ni nous n’en n’avons le droit, de conquérir la liberté sans combattre. Et les combats ne seront pas de simples combats de rue, de pierres contre les gaz lacrymogènes, ni des grèves générales pacifiques ; ce ne sera pas non plus la lutte d’un peuple en colère qui détruit en deux ou trois jours le dispositif de répression des oligarchies dirigeantes ; ce sera une longue lutte, sanglante, dont le front se trouvera dans les abris des guérillas, dans les villes, dans les maisons des combattants – où la répression cherchera des victimes faciles parmi leurs proches –, dans la population paysanne massacrée, dans les villes et les villages détruits par le bombardement ennemi», fin de citation.

LIKAMBO YA MABELE, LIKAMBO YA MAKILA

 

Mufoncol Tshiyoyo

Président du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC

Mouvement Politico-militaire, R.A.P. en sigle

GSM 004745007236, mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com

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