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La haute cour militaire va trancher sur le cas du général John Numbi

Par Donatien Ngandu Mupompa,(Le Potentiel)

John (Jean) Numbi

-Dans l’affaire qui oppose le ministère public et les parties civiles aux assassins présumés des défenseurs des droits de l’Homme Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, c’est le nom du général John Numbi qui suscite les passions quant à sa responsabilité dans cette affaire. La Haute cour militaire va donc fixer les esprits.

Ce mardi 17 juillet 2012 en appel, la Haute cour militaire va rendre son arrêt avant-dire-droit pour départager le ministère public, les parties civiles et les avocats de la République sur le statut à coller au général John Numbi dans le procès sur l’assassinat de Floribert Chebeya Bahizire et Fidèle Bazana Edadi, membres de l’ONGDH «La Voix des Sans Voix pour les droits de l’Homme».

Cela, suite à une requête des parties civiles qui remuent ciel et terre pour que le général suspendu soit entendu comme prévenu, d’autant plus que la plainte de la veuve Chebeya gît dans le dossier. Mais pour les avocats de la République, il n’en est pas question, pour la simple raison que ce préposé de l’Etat n’était pas partie au procès chez le premier juge.

En attendant cet arrêt, on peut dire qu’avec les révélations du journaliste et cinéaste belge Thierry Michel et le policier Paul Mwilambwe, c’est le pavé dans la marre. D’un autre côté, l’hebdomadaire Jeune Afrique, dans son édition n°2685 du 24 au 30 juin 2012, parle de John Numbi, général fantôme

Bien sûr que l’opinion a besoin de connaître la vérité sur les mobiles qui sont à la base de l’assassinat de ces deux défenseurs des droits de l’Homme, mais les observateurs voudraient savoir pourquoi Thierry Michel a-t-il provoqué ce remue-ménage juste avant l’audience de ce 17 juillet, et qu’est-ce qui l’a empêché de dénoncer cela depuis tout ce temps ? Pourquoi a-t-il attendu qu’il soit refoulé pour se mettre à diffuser l’interview de Paul Mwilambwe qui affirme avoir assisté à l’assassinat ?

Pour justifier les raisons à la base de l’assassinat, il évoque le massacre des adeptes de la secte politico-religieuse «Bundu dia Kongo». Or, dit un avocat de la République, l’affaire «Bundu dia Kongo» date de plusieurs années et a même été débattue au Parlement. Mais pendant toutes ces années, renchérit-il, ni Thierry Michel, ni Paul Mwilambwe n’avaient osé en parler publiquement.

Il ajoute : «Cela étonne du moment que l’on sait que l’affaire Chebeya date de deux ans. En plus, Thierry Michel est venu plusieurs fois en République démocratique du Congo et il a assisté au procès. On l’a vu aussi dans les démêlés de Moïse Katumbi avec l’ancien ministre Muyambo, même à la Cour suprême de justice lorsque Vital Kamerhe a été débouté. Au vu de tout cela, faut-il donner du crédit à ce qu’il révèle actuellement ?».

A propos de cet ordre donné par le général John Numbi, un proche du concerné demande : «Etait-il si puéril pour confier ses intentions au petit policier Mwilambwe ? D’un autre côté, les avocats de la partie civile étaient-ils si patients pour ne pas saisir cet élément auquel ils donnent aujourd’hui une importance démesurée».

Du moins, tout le monde est d’accord que lors de son passage à l’audience, le général John Numbi avait démontré que ce jour-là, il était en mission de travail à Maluku avec l’ancien ministre de l’Intérieur Adolphe Lumanu. Raison pour laquelle ce proche du général croit qu’il faut méditer sérieusement sur la crédibilité des mobiles qui ont poussé Thierry Michel à ébruiter cette prétendue information.

Il a fini par déclarer : «On se rappelle aussi que lorsque le général John Numbi avait comparu comme renseignant au premier degré, le président de la Cour militaire avait demandé aux avocats de deux camps si quelqu’un avait quelque chose à dire, mais personne n’a eu à répondre. Ce qui prouve que tout le monde a été convaincu par le renseignant. Où était alors le secret de Paul Mwilambwe ?».

Il a aussi précisé que ce n’est pas le général John Numbi qui avait convoqué Chebeya, c’est plutôt ce dernier qui avait cherché à le rencontrer à plusieurs reprises.

Il s’est aussi érigé en faux contre Jeune Afrique qui allègue que John Numbi est au Nord-Katanga, du moment qu’il réside bel et bien à Lubumbashi. Il a fini par dire qu’il n’y a aucun problème entre les Katangais et les Kasaïens, ce sont souvent les politiciens qui provoquent des situations malheureuses pour leurs propres intérêts.

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