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LA FRANCOPHONIE EN RDC : Les apparences sont sauves

Par Le Pays 

Francois Hollande President de la France

-Fini donc le suspense ! Le président français, François Hollande, a mis fin à toutes les supputations. Il a confirmé le scoop de nos confrères de Jeune Afrique, en annonçant, hier 27 août 2012, qu’il prendra part au prochain sommet de la Francophonie qui se tiendra du 12 au 14 octobre prochain à Kinshasa, en RD Congo. Ainsi donc, le président Joseph Kabila aura sauvé son sommet, lui qui, de jour comme de nuit, souhaitait in peto compter le nouveau locataire de l’Elysée parmi les soixante-quinze chefs d’Etat et de gouvernement attendus à Kinshasa. C’est sans conteste une victoire diplomatique, puisque ç’aurait été la première fois de l’histoire de la Francophonie qu’un président français boycottât un sommet. Et Kabila aura sauvé les apparences, convaincu qu’il n’organisera pas un sommet au rabais avec la décision annoncée du successeur de Nicolas Sarkozy de faire le déplacement de Kinshasa. En tout cas, l’opposition congolaise qui a critiqué à de multiples reprises la tenue du sommet en RDC, estimant que ce serait un moyen de légitimation inacceptable de Joseph Kabila, doit en être bien affligée ; elle qui, du reste, souhaitait une délocalisation du sommet. C’est cela aussi la realpolitik. Le président Hollande pouvait-il faire autrement si l’on sait que, plus qu’une tribune d’échange et de partage, la francophonie est devenue un outil diplomatique à travers lequel la France entend imprimer son influence dans le monde et son hégémonie linguistique face à la fulgurante ascension de l’anglais ? Mais aussi, et il faut le dire, la RD Congo n’est pas n’importe quel pays car, même avec les rébellions qui y poussent comme des champignons, cette terre regorge d’immenses ressources écologiques qui suscitent et excitent la concupiscence des Occidentaux. Toutes choses qui peuvent amener le président Hollande à reconsidérer sa position, lui qui criait à qui voulait l’entendre, au lendemain de son élection, qu’il ne composerait pas avec un régime dictatorial. C’est la preuve, si besoin en est encore, que la politique française, qu’elle soit de la droite ou de la gauche, demeure la même : « La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts », confessait si sagement le président français d’alors, Charles de Gaulle. Alors, puisque le sommet de la Francophonie aura bel et bien lieu à Kinshasa et que le président François Hollande y prendra part, au moins que l’occasion soit mise à profit pour remonter les bretelles à Kabila, en lui rappelant les principes de bonne gouvernance et des droits humains. Au cas contraire, ce ne serait pas étonnant si le président Kabila, fort du soutien que lui auront apporté ses pairs, renoue avec les graves atteintes aux droits de l’Homme qui ont déjà pignon sur rue dans son pays.

Boundi OUOBA

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