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L’armée collabore avec les rebelles FDLR

armee_congo C’est ce que dénoncent les experts de l’Onu dans un rapport intérimaire.

Un rapport intérimaire d’experts de l’Onu, daté du 20 juin, adressé au Conseil de sécurité, indique que l’aide du Rwanda aux mutins congolais du M23 a fortement diminué, tandis que l’armée congolaise collabore avec les FDLR (rebelles hutus rwandais, issus des génocidaires), considérés comme un groupe terroriste.

Le groupe d’experts avait indiqué, en 2012, que le Rwanda avait soutenu le M23 – qui avait pris la ville de Goma, en novembre 2012, avant de l’évacuer en décembre, sous pression internationale, en échange de négociations à Kampala avec les autorités congolaises. Ces discussions portent sur un accord de paix au Kivu datant de 2009, qui n’avait été que partiellement appliqué. Kinshasa a reconnu en février que des points n’étaient pas appliqués; depuis lors, aucun progrès n’est enregistré dans ces discussions, tandis que le M23 s’est considérablement déforcé par une scission interne. Les mutins menacent cette semaine “de reprendre la ville de Goma parce que le pouvoir de Kinshasa ne veut pas répondre à nos revendications” et cela parce qu’ “il se fie à cette fameuse Brigade d’intervention de l’Onu” , chargée de combattre les groupes armés au Congo, où les troupes qui doivent la former commencent à arriver.

Le M23 manque de combattants

Selon le rapport des experts, le M23 (dominé par les Tutsis congolais) recrute, y compris par la force, faute d’assez de combattants pour occuper les 700 km² qu’il a conquis, où les FDLR ont pris des positions, profitant de cet affaiblissement.

Lors de sa nouvelle mission, le groupe d’experts “n’a trouvé aucune indication de soutien des rebelles depuis l’Ouganda et a réuni les preuves d’un appui continu mais limité au M23 depuis le Rwanda” . Le Rwanda “a démantelé le réseau d’appui et de recrutement au Rwanda de Ntaganda” , le chef de la faction défaite du M23.

Les experts onusiens estiment par ailleurs à 1 500 le nombre de combattants FDLR au Congo (5 000 selon Kigali), la majorité se trouvant au Nord-Kivu, le reste au Sud-Kivu. Ces rebelles souffrent de nombreuses désertions, d’une hiérarchie faible et de divisions internes, selon le rapport, qui assure que les générations les plus jeunes sont favorables à une démobilisation et intégration dans la société, les plus anciens étant désireux de poursuivre la lutte armée.

A la faveur de l’affaiblissement du M23, note le texte, les FDLR ont mené trois attaques contre le Rwanda. Ils bénéficient en outre de “la collaboration” des FARDC, l’armée congolaise.

Elle va, selon les sources, les unités concernées et les époques, “d’ un accord tacite de non-agression” ,  à des réunions “régulières”  au cours desquelles sont “échangées des informations opérationnelles” et à la livraison de munitions par l’armée aux FDLR.

Mardi, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a assuré à Kinshasa que “s’il s’avérait qu’il y a collaboration, le gouvernement sanctionnera ces éléments” .

MFC-
Cros Marie-France

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