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Francophonie: Sortie contre Kabila – Condé disqualifié

Par Boundi Ouoba, (le Pays)

Alpha Conde, Président de la Guinée

-A trois mois du sommet de la Francophonie qui se tiendra en principe en République démocratique du Congo (RDC), les débats font déjà rage. La participation du nouveau président français, François Hollande, demeure toujours une conjecture.

Et tout porte à croire que le successeur de Nicolas Sarkozy ne prendra pas part à ce raout biennal qui, pourtant, implique au plus haut niveau son pays.

C’est du moins ce qu’a laissé entendre à mots couverts le président guinéen Alpha Condé dans une interview accordée à Radio France Internationale (RFI). Selon lui, la tenue du sommet de la Francophonie en RD Congo « pose problème » puisque, dit-il, ils sont nombreux les chefs d’Etat qui ont décidé d’annuler leur participation.

Entre autres raisons, le président guinéen semble mettre en avant les conditions dans lesquelles a été élu le président Joseph Kabila, conditions qu’il juge peu transparentes.

Et c’est bien là que se trouve tout le ridicule, puisque Alpha Condé lui-même a été élu dans les conditions que l’on sait ; élection présidentielle d’ailleurs, on s’en souvient, qui avait mis la Guinée sens dessus-dessous et avait exacerbé les séculaires tensions communautaires.

C’eût été un autre chef d’Etat qui avait fait une telle sortie sur le président Kabila, qu’on n’aurait pas trouvé à redire. Condé voulait critiquer la tenue du sommet de la Francophonie à Kinshasa qu’il s’y prendrait autrement ; peut-être, en alléguant le climat d’insécurité provoqué par la résurgence de la rébellion dans le pays.

Il n’est pas qualifié pour donner des leçons de gouvernance et de démocratie à son homologue de la forêt équatoriale, qui, on le sait, n’est rien moins qu’un dictateur de la pire espèce.

Car le Congo, qui était à un pas du gouffre, semble y être tombé depuis que Kabila et sa smala de fidèles sont arrivés aux commandes. Elections bâclées, opposants embastillés et militants des droits de l’Homme assassinés, voilà ce qu’est, depuis des lustres, le Congo des Kabila.

Si fait que l’on se demande d’ailleurs, avec beaucoup d’amertume, pourquoi l’on avait décidé de confier l’organisation d’une grand-messe comme le sommet de la Francophonie à ce pays qui a déjà fait ses preuves dans la mal gouvernance.

Le Congo de Kabila père et celui de Kabila fils ont toujours été les mêmes. Pourquoi donc passer le temps à s’émouvoir outre mesure après avoir, en toute conscience, décidé de vendre son âme au diable ?

En tout état de cause, Kabila voit en ce sommet une fenêtre d’opportunité qu’il saisira pour redorer son blason ; lui que tout le monde dit infréquentable depuis sa réélection contestée de novembre 2011.

C’est de bonne guerre. Et c’est finalement les chefs d’Etat des pays membres de la Francophonie qui se retrouvent malheureusement dans une mauvaise passe.

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