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Fin du sommet de la Francophonie à Kinshasa

 Par AFP
-Les chefs d’Etat et de gouvernement de la Francophonie ont conclu dimanche leur 14ème sommet à Kinshasa. Ils doivent se retrouver en 2014 au Sénégal.
La localisation des sommets n’est pas sans influence sur leur teneur. Et de fait c’est un sommet de la Francophonie « très africain » qui s’est clôt ce dimanche à Kinshasa (R.D. Congo).
Ce tropisme reflète une réalité démographique. D’après les chiffres fournis par l’Organisation internationale de la Francophonie , sur les 220 millions de locuteurs revendiqués, 96 millions se trouveraient en Afrique.  Selon les projections de l’Organisation,  en 2050, les Africains pourraient représenter 85 % des 715 millions de francophones dans le monde.
Cet intérêt se traduit donc dans les quelques résolutions finales – mais non contraignantes – adoptées par les délégations dans la capitale congolaise.
Ainsi, demandent-elles encore une fois « l’indispensable réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies » afin d’y « donner aux pays africains toute leur place ».  Néanmoins, les « Francophones » ne se prononcent pas sur la « place » précise qu’ils revendiquent. En fait, des désaccords subsistent entre les partisans d’un ou deux sièges permanents au Conseil de Sécurité, avec ou sans droit de véto… Certains Etats, comme le Canada,  s’opposent à un siège permanent.

Malheur sans fin

Au final, la situation en République démocratique du Congo  semble avoir occupé une bonne part des conversations à Kinshasa. L’Est du pays continue à s’enfoncer dans un malheur sans fin. Depuis quelques mois, la guerre est repartie, sous l’impulsion d’un groupe rebelle baptisé M23 ; ceux-ci et les autres protagonistes en armes se rendent coupables d’atrocités contre la population civile.
Les dirigeants de la Francophonie appellent donc le Conseil de sécurité des Nations unies à adopter « des sanctions ciblées contre tous les responsables des exactions commises ».
Mais le Rwanda émet une « réserve ». De fait, dans un rapport récent, l’ONU a accusé des responsables militaires rwandais de soutenir le M23, ce que Kigali dément farouchement. Selon plusieurs sources, les tractations ont été intenses entre les délégués rwandais et congolais, mais aucun accord n’a été trouvé.
Enfin, le gouvernement de Joseph Kabila s’est trouvé placé sur la sellette au sujet de la démocratie et de la situation des droits de l’homme dans le pays,  des valeurs explicitement revendiquées par l’OIF…  Le choix de Kinshasa a posé un problème. Ces derniers mois, le Président français, François Hollande, a dû faire face à de multiples appels au boycott du sommet.  Optant pour la participation, il a multiplié les déclarations sur les insuffisances du pays dans ces domaines, s’affichant avec des représentants de la société civile et même Etienne Tshisekedi,  un opposant farouche.
François Hollande reparti à Paris, Joseph Kabila aura eu le dernier mot. « La RDC n’est pas du tout complexée par le niveau de démocratie, de liberté, de la situation des droits de l’homme » a t-il affirmé au cours de la conférence de presse finale. On verra si la liberté de ton qui a régné au cours du sommet subsiste après le départ des délégués étrangers …
Dans ces conditions, faut-il voir un repentir dans le choix du prochain pays-hôte de ce grand raout des Francophones ? L’honneur échoit au Sénégal et à sa capitale,  Dakar. Le Sénégal,  où le président Macky Sall vient, il y a quelque mois, d’être élu au terme d’un processus démocratique et pacifique salué. C’est en Afrique aussi que la Francophonie peut prendre ses modèles.

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