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Et maintenant…”que faire?”

Par Jean-Marie Dikebelayi, LL.M

www.maastrichtuniversity.nl

Pays-Bas

Après la gifle du 15 janvier 2011, cette révision biaisée et unilatérale de la Constitution congolaise par le camp présidentiel, révision que le monde entier a jugée conjoncturelle, fantaisiste et inoppportune, la question qui est, désormais, sur toutes les lèvres est celle de savoir “ce que va ou ce que doit faire l’Opposition, maintenant que les carottes semblent cuites”. Tout le monde s’interroge, en fait, sur le dispositif que toutes les forces, je dis bien toutes les forces, qui se réclament du changement vont mettre en place pour faire face à cette “machine de guerre lourdement armée” en rapport avec les rendez-vous électoraux futurs. Il est donc fondamental que des analyses et des stratégies soient pensées par les différents quartiers généraux et états majors. L’une de principales préoccupations est de savoir où et comment aller chercher le maximum des voix pour ratisser large et assurer le triomphe du camp dont on se réclame? Pour participer à cette réflexion, j´improvise cette parution, et j’avoue tout de suite que je suis en “colère”! Vous savez, une saine colère, comme celle de Jésus lui-même, en voyant en face de lui, dans le temple de son père, les marchands de tout genre, les profiteurs sans scrupules! Je suis inquiet de l’avenir et de la sécurité de mon beau pays, pas tant à cause d’une quelconque menace qui viendrait de l’Extérieur, mais davantage à cause des forces incidieuses qui y opèrent de l’intérieur. Sous une forme plus positive, j’expose, dans les développements qui suivent, mes modestes vues sur la manière dont l’Opposition congolaise pourrait, dès à présent, aborder les choses et l’état d’esprit dans lequel elle pourrait se présenter aux élections annoncées. J’ai emprunté le titre de cet article du roman de Nikolaï TCHERNYCHEVISKY écrit en 1802, et dont LENINE s’est inspiré pour écrire son célèbre traité “QUE FAIRE”, publié en 1902, où il présente des propositions concrètes sur l’organisation et la stratégie à suivre pour le parti révolutionnaire. Mon intention, en tout cas, c’est de tenter de décontracter le sujet qui a fait chauffer bien des boîtes crâniennes et qui est encore aujourd’hui, il faut le reconnaître, object d’inquiétudes et de depit pour beaucoup de démocrates et patriotes “pure jus”.

Il est toujours difficile d’évaluer à quel point un régime est fragile. De tout temps, les hommes au pouvoir ont toujours cherché à surinvestir dans leur “sécuritaire” et dans les manipulations. Le tapis rouge est dressé à la force, au mensonge, à la ruse, à l’ego, à la jouissance de l’instant présent. Les tentatives de verrouiller toutes les possibiltés d’expression alternatives, ou d’étouffer l’oppostion, y compris son anéantissement physique, ou encore de conserver, à tout prix, le pouvoir, même si le régime constitue une imposture pour le peuple, aussi bien que la volonté manifeste d’imposer à la conscience des masses les mythes les plus variés, brutalités, répression, désinformation, intolérance, népotisme, corruption, triche, mouchardage et que sais-je encore…sont les piliers des régimes schizophrènes, déconnectés de la réalité, et qui règnent par la terreur et le clientélisme. De Napoléon à Mubarrak, en passant par Mobutu, Milosevich,Tanja, Ben Ali et autres…, tous, appuyés par des idées et des partisans (sincères?), usèrent et abusèrent de ces ficelles pour tenir. Mais les citoyens n’en pensaient pas moins. Casser le thermomètre ne veut pas dire qu’il n’y a pas de fièvre! Car, pendant la tyrannie, la vie continue: les enfants vont à l’école, les Eglises se remplissent, les hommes et les femmes se marient, les peuples oubliés continuent à exister, les mentalités évoluent, les rancoeurs accumulés, les souvenirs, la corruption, la misère, le “courroux des dieux”, voire les échanges avec l’Extérieur dans un monde où tout évènement est immédiatement connu par l’étranger proche, où aucune isolation ne peut échapper à la vigilance et à la soif de compassion du télespectateur, du touriste, du lecteur, changent en permanence l’état du pays. Des contradictions peuvent se nouer, s’aggraver et éclater d’autant plus fortement que le régime a bouché les soupapes. Que peuvent faire les meilleures et les plus sophistiquées armées du monde ou tous ces stratèges politiques qui, comme des abeilles oisives vivant des frelons, travaillent jour et nuit au maintien du statu quo, face à la détermination des peuples floués, pillés, vampirisés par leurs dirigeants? Alors, comme le montrent les dernières images des révolutions en Tunisie, en Egypte, et peut-être demain en Lybie, en Algérie, à Djibouti, au Yemen…les beaux édifices présentés, et d’ailleurs imposés se lézardent et s’effondrent comme des chateaux de cartes, mettant à jour leurs failles, leurs fissures, leurs incohérences, leurs excès et leurs extravagances! Les hautes herbes de la savane peuvent cacher les pintades, mais pas les cris!

L’offensive du camp présidentiel sur le front “des lois” en ce début d’année électorale ou mieux, l’escalade législative commencée à quelques mois des affrontements électoraux, on s’en doute, s’inscrit manifestement dans cette logique d'”instinct de survie”. Une personne qui se noie s’aggriperait même à un cheveu pour rester au large! C’est le moment propice pour les marionnettes qui manipulent, en coulisse, les événements pour avoir encore de plus gros comptes en banque, encore plus de résidences. Voici s’ouvrir devant nous une période de tous les coups. Il est certain que les “basses attaques” et les jets des “peaux de bananes” ont, non seulement, commencé, mais vont se multiplier. Tous les signes jusque-là vont dans ce sens, comme un puzzle dont tous les morceaux se mettent progressivement en place. Il appartient aux forces progressistes d’opposer une “stratégie de choc” à ces “fous du roi” à l’appétit insatiable, toujours à la recherche d’une brêche chez l’adversaire pour s’engouffrer, et qui font feu de tout bois.

Comme dans une compétition sportive, la coalition au pouvoir aura beau cherché à destabiliser l’Opposition, voire à lui démonter le moral, mais elle ne peut pas prétendre jouer le rôle de Dieu, il y a ce qu’elle souhaite et la réalité sur le terrain, étant donné qu’en politique, aucun dispositif n’est fiable à 100%. Pour le front de l’Opposition, aucune autre formule ne sera meilleure ni plus efficace que celle consistant à chercher à gagner maintenant le duel sur le terrain. Et cela passe d’abord par la capitalisation de tous les coups encaissés hier et aujourd’hui, qu’ils viennent de ses adversaires ou de ses propres enfants, fussent-ils “adoptifs”, coups qu’elle doit ressentir un peu comme un “infractus”, qui est une alerte permettant de changer d’habitude alimentaire, de s’imposer une rigueur diététique. Je dirai encore, comme élément de protection avec un effet bouclier contre tous les coups bas. En ce sens, la très controversée révision à laquelle il n’a pas participé est du pain béni pour le camp de l’opposition. Elle l’a victimisé, au point d’obliger maintenant la majorité de la population à faire bloc derrière lui. A ce propos, j’ai un souvenir de quelques anecdotes qui ne remontent pas à très loin. En effet, l’Etat hébreux voulut exploiter les dissensions au sein des factions rivales palestiniennes et imposa les élections espérant que le Hamas n’y participerait pas à cause de son intransigeance. Tout le monde fut surpris de constater que le Hamas accepta de prendre part au scrutin. Israël ne fut même pas inquiet parce qu’il pensait que ce mouvement, en présentant une manière de pensée dogmatique et limitée, serait vaincu par le Fatah. Contre toute attente, le Hamas créa une coalition et offrit une image flexible, très loin de ce que l’on aurait pu attendre d’un mouvement fondamentaliste. L’offensive menée par Ies Israëliens contre Gaza n’a pas seulement mobilisé les forces du Hamas, mais bien toutes les forces patriotiques y compris celles du Fatah. Cette agression a unifié le peuple palestinien! Beaucoup se souviennent aussi de la dernière expérience vécue par l’Opposition avec ses propres fils, au lendemain des accords de Sun City, au sujet de la désignation des animateurs qui devaient animer les institutions de la transition, qui est toujours en mémoire, et tout le monde voit déjà à quoi je fais allusion! Quand on veut aborder un match, sur un terrain miné, contre un adversaire euphorique, agressif et arrogant, on doit bien se préparer, être costaud, l’aborder avec méthode, et surtout aligner une équipe vertébrée qui soit une “foudre de guerre” pour ne pas se laisser surprendre.

Dans cet ordre d’idées, je ne m’empêche pas de saluer la démarche initiée par certains leaders de l’Opposition pour traiter cette question avec rigueur et professionalisme, en cherchant à mettre en place un cadre de dialogue et une démarche méthodologique élaborée de manière consensuelle, un préalable, selon moi, indispensable à la réflexion qui ne se limite pas à la question de candidature unique de l’Opposition à l’élection présidentielle, mais qui concerne également les réformes indispensables à mener pour le redressement économique de notre pays, la restauration d’un Etat de droit, la mise en place d’une nouvelle gouvernance politique, bref le projet de société ou le programme politique. Le débat est, donc, largement lancé, avant même celui qui doit démarrer à l’intérieur du front de l’Opposition après la mise en commun de différentes réflexions des partis politiques.

Toutefois, j’aimerais ajouter une chose: agiter ceci ou cela donne peut-être du plaisir aux spéctateurs, mais ça n’améliore pas nécessairement la qualité du jeu, car, ce ne sont pas les spéctateurs qui font le jeu, mais les joueurs. La question est trop complexe pour devoir admettre les réponses simplistes et expéditives que malheureusement, beaucoup affectionnent tant! L’essentiel est ailleurs! Il faut, coûte que coûte, éviter, non seulement, l’erreur de diagnostic, mais aussi l’erreur thérapeutique. L’opposition congolaise est une plateforme qu’on ne peut pas approcher n’importe comment!  Aucun impair ne sera pardonné, aucune circonstance atténuante ne sera accordée aux errements! Mettez les pieds sur le terrain tentaculaire de la politique, vous verrez que les seules théories qui vaillent ce sont le pragmatisme et le réalisme. La riposte espérée doit être encadrée par un certain réalisme politique et instruite de leçons d’histoire.

En effet, après avoir vu son mercure monter jusqu’à son paroxysme à la suite de la fameuse révision de la constitution, le thermomètre semble indiquer encore, depuis quelques jours, une hausse de température de la fièvre politique congolaise. Le constat est là! Même toute la mauvaise foi du monde ne justierait qu’on puisse refuter la réalité de la bipolarisation qui se dessine dans le paysage politique congolais en face du scrutin présidentiel annoncé pour novembre. C’est pourquoi la mise en avant d’un candidat unique pour porter les couleurs de l’opposition à cette élection parait dans l’ordre normal des choses. Les congolais raisonnables appellent cette unité de l’opposition et l’unicité de sa candidature de tous leurs voeux, et ils ont raison, car si l’union ne fait pas toujours la force, en tout cas, la désunion ne la fait jamais. Le pays va mal, dans ces conditions, comme une famille éprouvée, en difficulté, l’opposition a besoin de tous ses fils à son chevet. L’illusion d’une sorte de fétichisme qui ignorerait le contexte du moment et qui consisterait à présenter un seul parti comme un bloc monolithique, ouvert au consensus et au dialogue, peut conduire à un péché d’orgueil ou à un excès d’optimisme, et pire encore à une erreur d’appréciation, qui ferait croire à une victoire facile et rapide. La stratégie de l’union est une rituelle élégante qui ne coûte rien, même si elle peut rapporter peu. Qu’importe la couleur du chat pouvu qu’il attrape les souris!

Cependant, les discussions des intellectuels portent sur la clarification des rapports de force et la composition d’une équipe compétitive, non celle composée plutôt de bras cassés et des pieds plats qui cherchent avant tout à satisfaire des frustrations matérielles, et qui n’apportent aucune valeur ajoutée pour combler le déficit d’efficacité dont souffre l’opposition, un travail qui devra être axé sur la durée et qui, non seulement doit trancher sur la question relative aux joueurs à mettre à l’écart, mais aussi qui verra l’incorporation de nouveaux éléments. Autant dire que la quantité ne manque pas, mais la qualité doit également être au rendez-vous! Si l’opposition compte sur le soutien de tous les parasites, il y a beaucoup de chance qu’elle se foute le doigt dans l’oeil, les dernières expérience étant toujours en mémoire, celles qui renvoient l’image d’un prototype même d’une opposition la plus bête du monde, divisée et instable, aveuglée par la haine et les trahisons, ne tirant pas dans le même sens, qui ont dévalorisé le statut d’opposant, au point de paraître comme celle qui se tire toujours une balle dans le pied et qui fait toujours passer l’adversaire.

Ce que je veux dire c’est que l’Opposition de combat aujourd’hui doit être une “opposition new look”, qui doit se purger les entrailles et les flancs de toute pourriture, cette nécrose qui l’a minée et dont la gangrène a fini par donner à cette plateforme le visage hideux et repoussant que beaucoup de congolais redoutent et ne veulent plus voir. C’est là, à mon avis, une stratégie de bon sens, étant donné les enjeux de ces échéances. Mon sentiment est qu’il n’y a pas de prêt-à-porter en cette matière, chaque opposition élabore son mode de fonctionnement, développe sa pratique d’opérabilité. Bien évidemment, il existe un principe général que l’union de l’opposition fait sa force, mais on doit se pénétrer de l’idée et de la conviction profonde que l’opposition congolaise a son idiosyncrasie. Aucune école, aucune faculté ne prépare pour affronter les subtilités du quotidien politique. Deux exemples à l’appui: Si l’opposition doit être unie, sans plus, que faire quand il y a en son sein un ou des partis infiltrés, quand il y a en son sein un ou des acteurs incompétents, ou simplements des éléments qui ne sont là que comme un ballon d’essai soucieux de prendre l’air du temps et de se faire une place au soleil sans aucun apport? Alors le front est fragilisé, voyez-vous! L’autre exemple c’est “l’esprit maison” qui doit se développer et qui veut que dans une situation délicate chacun apporte de l’expérience. En somme, l’exprience est l’accumulation des faits vécus, mais dans un cadre donné. A l’occasion, elle sert, aide à prendre la meilleure solution. Si l’opposition doit être un mouvement inclusif et une chambre fertile de la contestation républicaine, il convient de faire attention aux mauvaises herbes qui peuvent y pousser! Et de mauvaises herbes dans l’opposition congolaise ancienne formule, il y en a eu beaucoup!

Dans toute compétition, les facteurs-clé de la victoire seront la sélection de la meilleure équipe sur le terrain, le réalisme, la lucidité et la précision, bref les combinaisons les plus efficaces, un savant mélange de fougue et d’expérience, ainsi que l’observation des consignes.

Tout le monde sait de quoi dépend l’avenir du Congo. L’accession à la présidence d’une personnalité issue de l’Opposition ou de la Majorité ne suffit pas à constituer cette rupture tant souhaitée par la grande majorité de nos concitoyens déboussolés, sonnés par tant d’années vides de paix, de réussite collective et de transparence. Il ne suffit pas de gagner le fauteuil présidentiel, il faut compter aussi qui seront les bénéficiaires? Les deux prétendants à la finale de ce tour rocambolesque et qui émargent du lot incarnent deux générations, deux personnalités, deux styles,   l’amateurisme contre l’expérience. L’un est un porte parole d’une élite qui se moque bien des avis populaires et des intérêts du Congo, le reconduire comme président du Congo? Pourquoi faire? Pour nous parler des beautés du Brésil et de ses filles? Ou de ses cultures de cannabis? L’autre, celui qui peut hausser le Congo au rang des pays émergeants, respecter les désirs et les besoins de la population. Mais cette dualité prononcée et nette est aussi une occasion de réflechir en toute séreinité sur un enjeu incontournable, la remise du pays sur les rails, qui ne sera pas possible sans la restauration de l’Etat, cet Etat aujourd’hui fantôme, si défaillant, jugé hors-jeu par une population anemiée et fatiguée, pour renvoyer chacun là où il peut être utile.

Nul ne peut contester la contribution significative du leader de l’UDPS à l’avènement de beaucoup de changements dans notre pays. Je pense que compte tenu de sa forme physique et mentale du moment, de la meilleure implantation de son parti sur le territoire national, Tshisekedi est titulaire indiscutable et qu’avec son expérience, il peut valablement porter le brassard de capitaine. Ce n’est pas un saint dans la vie de tous les jours, il n’est pas parfait, et personne d’ailleurs ne l’est, mais ce qui doit lier la majorité des congolais à cet homme, c’est son combat. Il a connu les fastes, le bagne, la rélégation, mais il est resté attaché à ses convictions politiques. Il a le charisme, prône la non-violence, il met un point d’honneur à promouvoir la courtoisie citoyenne contre les brutalités des forces de l’ordre, il bannit l’outrage, le meurtre et la trahison, il préconise de porter secours aux faibles et veut organiser une société fondée sur la paix, le courage et l’ethique. C’est dans ce cadre qu’il vient d’entreprendre une réorganisation des structures de son parti et ses modes de fonctionnement en poursuivant le renouvellement de son personnel politique sous l’encadrement des anciens et des militants restés fidèles à leurs convictions. Cette cure était le moyen de mettre en place ses idées, de mieux s’affirmer, de reévaluer ses troupes, de renouveler patiemment, loin de la gestion des affaires, son armement de guerre, d’élaborer sa stratégie de conquête du pouvoir ainsi que l’armement efficace qui va lui permettre d’atteindre ses objectifs, porter la voix du Congo dans le concert des nations, non pas comme un musicien, mais comme son chef suprême. A quelque chose parfois malheur est bon, il a retrouvé les vertus relaxantes du sourire et les bienfaits, oh combien épanouissants de la communication politique et de la communication tout court. En effet, le discours de l’homme est plus consistant, plus pertinent et plus percutant, sans jamais un mot de trop! Pas de déballage, pas de petites phrases, ni de règlement de compte. Rappeler tout ceci est loin d’être arrogant, c’est l’histoire de notre pays des 30 dernières années . Les électeurs apprécieront!  Bien entendu, cela ne veut pas dire qu’il est le seul à pouvoir faire gagner l’équipe. Il n’est, en tout cas, pas la solution, mais il a certainement la solution!

Les autres joueurs sont aussi utiles et indispensables, mais ile ne sont pas au même niveau, certains ont des manques physiques, d’autres mentaux, d’autres encore des manques techniques. Or, avec l’adversaire comme celui désigné par l’autre camp, l’enjeu est plus technique! Etant déjà prévenu que le match va se jouer sur un terrain miné, contre un adversaire agressif, arrogant, le manque de lucidité, de précision et de réalisme risque de couter cher à une équipe, si bonne soit-elle. Avec tous ses stars, beaucoup trouveront injuste pour l’opposition de perdre cette élection. D’oû, il faut une équipe compétitive, à vocation offensive, avec de meilleurs frappeurs de puissance, melant expérience, fougue et envie de la gagne, en vue de constituer un atout pour la victoire finale.

Les consignes seront données aux joueurs, dont la première sera de tirer tous dans la même direction, d’autant plus qu’il y a, chez l’adversaire, beaucoup de scandales à dénoncer. Quoi qu’on dise, il faudra aussi ne pas trop sousestimer l’adversaire, dont les points les plus forts demeurent tout de même son organisation, sa préparation et les moyens de l’Etat en sa disposition qu’il utilise à sa guise, malgré qu’il manque quelque chose sur le plan offensif. Les prétentions des vautours qui sont autour de lui, et qui jurent par la victoire facile, c’est de l’intoxication et du folklore à mettre sur le compte de la guerre psychologique, parcequ’à regarder de près, ces prétentions ne sont pas proportionnelles au poids électoral de leurs auteurs pour faire gagner leur leader. L’attaquer sur son bilan, rien que sur le bilan sera la meilleure tactique, car ses promesses, on les connait déjà, pendant que la malgouvernance, la corruption, l’absence de satisfaction de l’avenir, des besoins vitaux minimum de la population, la crise des valeurs morales, le pilotage à vue, le déficit du sens républicain et patriotique, le bradage éhonté des ressources naturelles qui aliène l’avenir, non seulement des congolais d’aujourd’hui, mais même des générations futures battent leur plein. La régression n’épargne pas notre diplomatie. La voix du Congo ne compte pas ou du moins est inaudible. Congo: le grand absent!  Depuis dix ans, notre pays est souvent absent de divers forums où se dicute l’avenir de l’humanité! Ce qui est très dommageable pour la sauvegarde de nos intétrêts vitaux. La lutte pour le renforcement des règles de la transparence devra également être prioritarisée: je suggère de mettre déjà en place, par exemple, des comités de surveillance et de vigilence électorales, d’organiser des structures des femmes, des jeunes, des cadres, des travailleurs. Pour la cohésion et la solidarité du front, il faudra s’interdire d’interpeller nommément et publiquement les coéquipiers, aborder toutes les questions en débat, dans un esprit d’ouverture et de respect des autres, surtout garder les yeux ouverts pour la tenue d’élections libres, transparentes et démocratiques à dues dates comme on surveille du lait sur le feu. Dénoncer les viols répétés et tripotages, partout, de la constitution, cette pauvre fille mineure de la démocratie congolaise (elle n’a que 5 ans) y compris ses parties les plus intimes ne sera pas un débat de trop. Par ailleurs, il serait irresponsable de ne pas penser aux solutions alternatives en cas d’échec. Je trouve le moment déjà venu de commencer à prendre des initiatives, au lieu d’être toujours en réaction, il faut maintenant être dans l’action, dominer le sujet. Le camp qui saura présenter un programme réaliste et réalisable va gagner, avec manière cette élection, de même celui qui saura solliciter des alliances stratégiques, miser sur la valoriation des compétences au détriment d’autres considérations, et chercher la proximité avec le peuple car, si en commerce le client est roi, en démocratie c’est le peuple (l’électeur) qui l’est. S’intéresser au sort des mécontents qui sont nombreux au Congo va certainement payer. La liesse populaire à laquelle le retour de Tshisekedi avait donné lieu confirme une inquiétude et une souffrance auxquelles il doit répondre par des actes et des réformes. Dans ses discours, notamment, sur le fond, il doit montrer aux conglais qu’ils peuvent être dignes et fiers, avec de la volonté et du courage, de la probité et du travail, ouvrir une perspective claire en centrant ses idées sur quatre axes protéger, promouvoir, assurer, reinstaurer. Car les slogans, c’est peut-être bon pour enflammer les foules, mais convaincre c’est un autre boulot, ça se fait avec des arguments. Sur le plan de la forme, éviter de blesser les autres, et surtout la démagogie. Pour prendre un cas d’espèce, dire, par exemple, que la Majorité n’a absolument rien fait serait démagogique et contre-productif. Mais au moins dire ce qu’elle n’a pas fait et parler des faits pervers de ce qu’elle a fait serait de l’élégance et de la manière!

Cette Majorité veut obtenir un autre bail, c’est certain, elle y tient et elle le répète, comme si cette simple volonté valait promesse d’une autre vie aux congolais. Elle pense que sa reconduction va passer comme une lettre à la poste. A-t-elle la mémoire courte? Beaucoup de congolais sont peut-être illettrés, mais ils ne sont pas cons! A-t-elle oublié que le Congo qui s’était mobilisé le 17 mai pour accueillir L.D Kabila et l’AFDL est toujours là? Les congolais n’avaient pas plébiscité L.D Kabila et son mouvement, mais ils avaient sanctionné Mobutu et le MPR. Aucun délai supplémentaire ne peut étre accordé à ce régime pour la solution des problèmes vitaux des congolais, pour la rélisation du rêve de chacun, lui qui conduit le pays dans une impasse historique. Les ambitions des clans et du profit des castes n’intéressent nullement les congolais.

La  tâche qui s’impose à l’oppostion, c’est la construction d’une structure qui soit nécessaire pour la rupture devenue inéluctable et souhaitable. Aucun de ses leaders ne doit souffrir de l’obsession de sa place dans l’histoire au dépens de la prise en compte de la mentalité des congolais, ni se conduire comme un enfant capricieux. Il ne faut pas se quereller pour si peu quand il y a beaucoup plus grave, ni se laisser distraîre par les oiseaux de mauvaise augure, prompts à voir des divisions là où il y a débat. Ce genre de querelle, dont on doit questionner la finalité, surtout lorsqu’ elle est l’oeuvre des personnes qui se révendiquent de la lutte contre les oppressions croisées, et qui a certainement un coût politique ne devrait pas préoccuper les forces du changement pour l’heure.  Les contradictions, c’est le moment de le démontrer, sont mineures au regard de l’immense travail de débarasser le Congo d’un régime incompétent, corrompu et immoral. Opposés tous au régime actuel, ils ont tous plus des choses qui les rassemblent que des choses qui les divisent. Une rencontre d’acteurs clefs pour récolter, croiser les opinions, les signaux faibles et forts, une plateforme, non pas seulement pour tous ceux qui sont impregnés de mêmes idéaux, mais aussi comme un lieu ouvert de réflexions, des débats, des propositions et d’actions pour tous les patriotes congolais se réclamant de mêmes buts n’est pas une mauvaise idée, en soi, pourvu qu’elle obéisse au principe de “pertes et profits”, car l’Opposition compte un maximum de ressources humaines de qualité dont aucune ne sera de trop lorsque viendra le moment d’appliquer les politiques de rupture que les congolais attendent. L’accord à obtenir au sein de la coalition de l’Opposition doit inclure la manière de gouverner en cas de victoire et les différents verrous à mettre en place pour y parvenir. il restera à transformer l’accord entre les membres en un serment devant le peuple congolais, la première bataille à mener étant celle qui permettra de garantir des élections libres et transparentes. Seulement voilà! Se réunir est un début, rester ensemble un progrès, travailler ensemble la réussite.Que faire? Avoir la volonté de le faire. L’histoire, nos enfants, les générations futures ne nous pardonneront pas nos lacunes, nos fautes, nos défaillances dans cette bataille. Tel doit être notre combat individuel et collectif. Après la victoire, on rira bien. Et l’actuelle Majorité aura assimilé la leçon: ” Qui s’y frotte s’y pique, qui s’y risque s’en répent”!

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