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Elections 2011:l’opposition se prépare à présenter une candidature commune

Par Belga

Leon Kengo et Etienne Tshisekedi

-Deux candidats rivaux, mais “amis”, à l’élection présidentielle du 28 novembre en République démocratique du Congo (RDC), le vieil opposant Etienne Tshisekedi et le président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, ont plaidé, jeudi à Bruxelles, en faveur d’une candidature commune de l’opposition, mais sans accepter de se désister pour l’autre à ce stade.

Ils se sont rencontrés jeudi après-midi – en terrain neutre – à l’occasion d’une tournée en Europe et au Canada de Etienne Tshisekedi, 78 ans. Léon Kengo wa Dondo a répondu à un appel de son “frère et ami Etienne” alors qu’il séjournait aux Etats-Unis.

Les deux hommes se connaissent depuis des décennies après avoir toutefois connu des destins différents. Ils ont en commun d’avoir été, avec des succès divers, Premier ministre durant le règne du maréchal Mobutu Sese Seko (1965-1997).

Nous conjuguons nos efforts pour avoir une candidature commune“, a affirmé Etienne Tshisekedi, le président de l’Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS, opposition) à quelques journalistes, à l’issue de cette rencontre dans un hôtel bruxellois.

Nous sommes à la recherche d’un candidat commun” face au chef de l’Etat sortant Joseph Kabila, a renchéri Léon Kengo, 76 ans, l’actuel président du Sénat congolais et qui se présente à la présidentielle du 28 novembre sous la bannière de l’Union des Forces du Changement (UFC), après avoir obtenu le soutien du groupe Sultani regroupant plusieurs partis d’opposition. Il a fait valoir qu’il avait été le premier, lors d’un meeting électoral le 24 juillet à Kinshasa, à avoir évoqué l’idée d’une candidature commune de l’opposition pour ce scrutin à un seul tour – contrairement à celui de 2006, qui s’était joué sur deux tours.

Interrogés tous deux sur l’éventualité du retrait de leur candidature au profit de l’autre, tant Etienne Tshisekedi que Léon Kongo ont souligné que “nous n’en sommes pas encore là” – à moins de deux mois des élections présidentielle et législatives (pour les 500 sièges de l’Assemblée nationale).

Vers un programme commun

Léon Kengo a insisté sur la nécessité de s’accorder d’abord sur un “programme commun“, alors que le président de l’UDPS affirmait que les négociations, “terminées entre partis“, allaient désormais s’engager “entre candidats“.

Mais aucun des deux n’a explicitement mentionné la possibilité de se retirer en faveur de l’autre, même en échange, par exemple, de la promesse d’un poste de Premier en guise de compensation.

Léon Kengo, deuxième personnage de l’Etat congolais dans l’ordre protocolaire après Joseph Kabila en tant que président du Sénat, a affirmé que Etienne Tshisekedi lui avait remis jeudi le programme de l’UDPS. “Il m’a demandé de le lire et de faire des remarques, ce que j’ai accepté“, a-t-il dit, évoquant la recherche de “convergences” avec celui du groupe de Sultani afin d’établir un programme commun, avant de rechercher “le candidat idéal” de l’opposition.

Léon Kengo a toutefois reconnu en Etienne Tshisekedi un “aîné” et en l’UDPS le fait qu’elle est aussi, conformément à son slogan, “la fille aînée de l’opposition” et jouit du soutien du groupe dit “de Fatima“.

Les deux hommes ont aussi admis avoir rencontré à La Haye, où il est emprisonné, un autre opposant de poids, le sénateur Jean-Pierre Bemba, à la recherche d’une alliance électorale.

Jean-Pierre Bemba, qui dirige le Mouvement de Libération du Congo (MLC, une ex-milice durant la guerre civile 1998-2003 mais qui s’est muée en parti politique), a été le rival malheureux de Joseph Kabila lors de la présidentielle de 2006. Jugé pour des crimes de guerre commis par ses hommes en Centrafrique en 2002-2003, cet ancien vice-président n’a pu déposer sa candidature pour l’élection de novembre.

L’enjeu (de cette rencontre), c’est la candidature commune” de l’opposition, a reconnu Etienne Tshisekedi, qui s’est entretenu mercredi avec Jean-Pierre Bemba au centre de détention de Scheveningue, près de La Haye, où il est détenu durant son procès devant la Cour pénale internationale (CPI).

J’ai déjà vu Bemba deux fois“, a pour sa part dit laconiquement Léon Kengo.

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