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Dialogue : « N’ayez pas peur », lance Z’Ahidi

Z’Ahidi-Pour le porte-parole du Cartel des opposants  signataires de l’Accord global et inclusif, « le dialogue entre congolais n’est qu’un moment de recherche des convergences sociales et politiques  pour redonner forces à la Nation ».
A la suite de cette polémique généralisée pré Concertations ou pré Dialogue- c’est selon-, on en oublierait presque que l’ordre institutionnel en cours tire son fondement de l’Accord global et inclusif conclu, voici 10 ans,  en Afrique du Sud. Avec la cacophonie politicienne ambiante, on en oublierait presque que la Nation est menacée dans son existence et que l’urgence, mieux l’instinct de survie postule un antidote émanant de l’ensemble du pays. Voilà que Z’Ahidi Arthur Ngoma vient comme pour rappeler aux uns et aux autres que la crise –dans toutes ses facettes- se pose « à nous en tant que peuple, en tant que Nation ; et c’est en tant que tel que nous devons y répondre ». On retrouve- là les ressorts de la démarche « Camp de la patrie ». Sauf que le Z’Ahidi qui a effectué sa rentrée médiatique – via une conférence de presse-, hier mardi 6 août, s’exprimait en qualité de porte-parole du « Cartel de la composante Opposition politique signataire de l’Accord global et inclusif ». Une espèce de retour aux sources de l’ordonnancement politique actuel, non par nostalgie, mais par correction. «  La non exécution des résolutions et recommandations du Dialogue inter congolais de Sun City constitue, à n’en point douter, une des sources du malheur que connaît le pays », tranche l’ancien Vice- président de la République. Devons-nous désespérer pour autant de la RDC ? Non, répond Z’Ahidi. C’est pourquoi, sans souscrire à la querelle sémantique en cours, le porte-parole du Cartel des signataires de l’acte fondateur de la Troisième république définit le Dialogue tout simplement : « Le Dialogue entre Congolais n’est qu’un moment de recherche des convergences sociales et politiques entre Congolais pour redonner forces à la Nation ». Pas de quoi avoir des appréhensions quand tout le monde est d’accord qu’il y ait rencontre entre les hommes. D’où, le « N’ayez pas peur » emprunté au Très regretté Jean- Paul II. Un dialogue pour lequel Z’Ahidi Arthur Ngoma avait déjà appelé en mai 2010. De même qu’en son temps,  il rappelle qu’il avait fustigé la confusion autour de la nationalité de certains officiers rwandais comme Nkundabatware. Le même pour qui le Dialogue est inscrit dans l’ADN des Africains.  Si le Cartel s’inscrit déjà dans la logique du Dialogue, il esquisse même les questions essentielles à y débattre : la sécurité, le développement économique et le social. A n’en point douter, comme il y a une dizaine d’années, Z’Ahidi Ngoma se positionne parmi ces hommes ressources pour qui l’Opposition n’est pas qu’un espace de contestation.  Elle est aussi une plate-forme de  propositions  et surtout un courant qui sait identifier et défendre les intérêts nationaux. Un petit air des années « Etats généraux de l’Opposition » a traversé la salle du centre Saint Clément, rue Benseke à Kintambo.  Entourant leur porte-parole, le modérateur Lisanga- le même-, l’Anader Kumbu, l’UODC Kikata,  le camp de la Patrie Bembe ainsi que d’autres figures présentes dont Eva Muakasa, Idambituo…ont sans doute revu cette épopée de l’opposition congolaise.

CARTEL DE LA COMPOSANTE OPPOSITION POLITIQUE SIGNATAIRE  DE L’ACCORD GLOBAL ET INCLUSIF

En prenant la parole devant cette auguste assemblée, il me vient à l’esprit ces mots que je prononçais au seuil de notre transition vers la démocratie ; des mots qui viennent comme autant d’interrogations sur le temps qui passe.

«Dans sa divine bonté, disais-je, Dieu Tout Puissant a bien voulu écouter la voix de son peuple et lui redonner espoir. A cet instant mémorable, où le temps, avec son cortège d’interrogations, semble arrêter son cours et où l’utopie se fait réalité, il est vrai que la main de l’artiste tremble; elle tremble devant cette fresque pas encore achevée, mais déjà bien avancée, de notre espérance fondamentale ».

Cette joie de voir notre pays sortir des abîmes était bien légitime ; l’espoir était permis ; la paix était là, encore que nous ne perdions pas de vue qu’elle emportait avec elle l’embellie et l’ombre.

L’embellie parce qu’il était désormais possible de dépasser le présent pour entreprendre l’avenir.

II était à notre portée de transformer les dures épreuves subies par notre peuple en une chance de renaissance pour lui.

Il était à notre portée de vérifier nos certitudes partagées, voire de les confirmer au carrefour où doivent converger toutes nos énergies pour réhabiliter la confiance en nous-mêmes, amorcer la reconstruction de la citoyenne et du citoyen par où transite ïa reconstruction de la Nation.

II était à notre portée de fonder notre volonté de paix sur la culture de paix, c’est-à-dire en étant attentifs aux justes sujets de plaintes des plus démunis de nos concitoyens, privés du droit aux droits de l’homme, au premier desquels le droit à la vie.

Il était à notre portée d’agir à la réunification du pays et à sa pacification, ce qui postulait travailler activement pour l’extension de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire et donc à la formation d’une armée nationale intégrée, une territoriale nouvelle et maîtrisée, une économie revitalisée et véritablement réunifiée, une politique sociale volontariste pour panser les blessures sociales autant que pour réhabiliter la dignité d’un peuple longtemps rivé à la pauvreté absolue.

Il était à notre portée de peaufiner le calendrier de la démocratie pour conduire le pays vers des élections libres et transparentes.

Il était à notre portée de soutenir ce sens du mouvement et de l’inscrire dans l’indispensable harmonie avec le sens de l’Etat.

Enfin, il était de notre devoir, puisque tel est le destin naturel de notre pays au cœur du continent africain, d’arracher notre sous-région de la culture de guerre pour fonder sa renaissance dans la culture de paix.

Malgré d’inévitables contradictions, voire des pesanteurs liées à la démocratie de la pauvreté, c’était le défi à relever. La tâche était rude, tant il est vrai qu’au-delà de la lumière, la paix retrouvée emportait avec elle l’ombre.

L’ombre, parce que la crise qui a entraîné la Patrie au fond des abîmes a laissé derrière elle tous ses alliés objectifs, qui ont pour noms : l’ignorance, la culture de jouissance et de suffisance, l’exclusion de tout ce qui n’est pas soi et les siens, le prosélytisme, et sais-je encore, des volontés aussi dispersées qu’instrumentalisées. Autant dire que momentanément défaite la crise interne a vite recouvré de sa culture.

Rien n’aura été épargné, y compris nos institutions d’appui à la démocratie, dont c’était le rôle que d’accompagner et de soutenir l’expectative légitime de notre peuple à la bonne gouvernance, à la justice et à la paix. Or, la démocratie, disons le sans ambages, ne vaut que ce que valent les forces sociales qui la soutiennent.

L’ombre, enfin, parce qu’il n’est pas donné de construire la paix dans un environnement international fantasque et récessif. Il en fallait beaucoup pour que nos rapports exogènes rencontrent l’harmonie que patiemment notre pays s’efforçait d’instaurer en son sein.

Aujourd’hui, comme le Cartel de l’Opposition l’avait dît en d’autres circonstances, le temps qui passe n’est plus à ces illusions lyriques, d’un pays dont la voix compte au cœur du continent noir, alors que du pays il ne reste plus que la désacralisation des valeurs fondamentales de la République ; l’institutionnalisation des antivaleurs, dont la corruption, le pillage des ressources naturelles, bradées, sans étal d’âme, contre des palliatifs à court terme ; l’étalage des richesses indues, sous le règne de l’impunité généralisée ; la réduction du citoyen et de la citoyenne à la pauvreté absolue, à la mendicité.

Notre Peuple, humilié et affligé, assiste avec impuissance aux violations massives et systématiques de sa souveraineté, de ses droits humains, de l’intégrité de son territoire, en particulier par le Rwanda. Le tableau est bien sombre.

Un spectacle insoutenable que celui du géant du continent noir jeté en pâture aux rapaces. La question se pose à nous, très chers Compatriotes ; elle se pose à nous en tant que peuple, en tant que Nation ; et, c’est en tant que tel que nous devons y répondre.

Comme nous venons de l’établir, la crise que nous connaissons a deux niveaux, l’interne et l’externe.

A la crise interne répond la revendication du dialogue entre Congolais ; tandis que la crise externe concerne les relations de bons voisinages entre Etats. Etroitement liées ces deux questions ne doivent pas être confondues dans leur résolution. Ce fut le cas à Sun City et le pays l’aura payé très cher !

Beaucoup a été dit sur le Dialogue entre Congolais, Des polémiques qui témoignent plus des appréhensions diverses. Nous le dirons à la suite du Regretté Saint-Père, Jean-Paul II, «N’ayez pas peur », Le dialogue entre Congolais ce n’est qu’un moment de recherche des convergences sociales et politiques entre Congolais pour redonner forces à la Nation.

Au-delà des questions de forme qui se doivent d’être considérées, se posent, quant au fond les questions essentielles suivantes :

1/ la sécurité, c’est-à-dire la nécessité de reconstruire les piliers de l’Etat, ces piliers qui lui donnent sens parce que l’Etat n’est avant tout qu’un service ou n’est rien du tout : l’armée, la police, l’administration publique, les services de l’Etat, la justice, la diplomatie, etc. qui sont aujourd’hui, clochardisés.

2/ Le développement économique ; Au moment où les pays du monde investissent dans le patriotisme économique la R.D, Congo ne peut pas être le seul pays à vivre dans la confusion entre libéralisme économique et western économique, pour la gloire jumelle de la corruption, l’impunité généralisée et l’enrichissement sans cause. Nous devons en finir avec le bradage des ressources naturelles du pays contre des palliatifs à court terme. Nous devons sortir le pays d’une économie de rente et l’engager dans une économie de transformation.

3/ Le social. C’est la clé de voûte du développement d’un pays ; l’indication de son niveau de civilisation, mais qui est aujourd’hui totalement abandonné. L’éducation, la santé, la jeunesse, la femme, les personnes âgées, totalement clochardisés. Le social devient l’espace de la charité, abandonné en tant que tel aux aléas de l’humanitaire.

Il va sans dire que la non exécution des résolutions et recommandations du Dialogue Inter Congolais de Sun City (Afrique du Sud) constitue, à n’en point douter, une des sources du malheur que connaît le pays présentement.

Ce Dialogue entre Congolais doit se tenir dans notre pays mais pas forcément. Il doit se tenir sous la direction d’un facilitateur à désigner soit par les Nations Unies soit par l’Union Africaine.

Prévu pour durer quinze jours, ce Dialogue doit regrouper l’actuelle majorité présidentielle, l’opposition politique dans toute sa diversité y compris celle de la diaspora et les forces vives de la société civile.

Le Dialogue National politique, transparent et inclusif à venir doit rechercher la réconciliation nationale autour des principes et valeurs qui forgent notre unité en tant que peuple, en tant que Nation.

C’est le lieu de renouveler l’hommage de la reconnaissance de la Nation à la communauté internationale et à tous les pays amis, pour l’accompagnement dont ils ont bien voulu nous prodiguer dans ces voies étroites de notre transition. C’est aussi le lieu d’en appeler à eux tous pour qu’ils poursuivent leur contribution à l’instauration d’une paix durable dans notre sous-région, laquelle ne saurait investir ses espoirs de développement dans une culture de guerre.

Nous en appelons, enfin, à la CIRGL, afin que d’aucuns comprennent que la paix que nous voulons construire en RDC c’est au bénéfice de tous ; et, qu’avec la paix la sous-région d’Afrique centrale a tout à gagner, tandis qu’avec la guerre elle a tout à perdre. La remarque s’adresse en particulier au Rwanda, qui doit sortir d’une culture de guerre et construire sa démocratie sur le fondement d’un dialogue entre Rwandais.

Descendons dans le tumulte de nos cités et de nos patries diverses où tourbillonne et s’émeut la grande angoisse humaine à la recherche de la délivrance ; rapprochons, pour l’heureuse confrontation où se dissipent les malentendus, les génies de nos patries diverses qu’un même destin, du haut avenir ou du désastre mortel, fait inéluctablement solidaires. Faisons nôtre cette prière de Saint François d’Assise :

Là où est la haine, que je mette l’amour ;

Là où est l’offense, que je mette le pardon ;

Là où est la discorde, que je mette l’union ;

Là où est l’erreur, que je mette la vérité ;

Là où est le doute, que je mette la foi.

Puisse la petite fille nommée Espérance, à laquelle l’auteur reconnaissait des vertus théologales, porter très haut l’espérance fondamentale de notre peuple ; et puisse le Seigneur Tout Puissant protéger et bénir notre pays la République Démocratique du Congo !

Je vous remercie de votre attention.

SEM Z’Ahidi Arthur NGOMA,

Ancien Vice Président de

la République

Porte parole du Cartel

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