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Des violences ont éclaté en RDC

-Des violences ont éclaté mardi dans les deux plus grandes villes de la République démocratique du Congo, où l’opposant Étienne Tshisekedi a appelé le peuple à ne plus “reconnaître” le président Joseph Kabila, qu’il accuse de “coup d’État”.

Selon les informations de VOA Afrique, trois personnes au moins seraient mortes après les violences qui ont éclaté entre la police et les manifestants.

Des arrestations signalés dans presque toutes les 24 communes de Kinshasa. Il y aurait au moins 4 morts à Boma dans le Bas-Congo.

Des dizaines de véhicules de transport de troupes sillonnaient la capitale, où policiers et militaires sont largement déployés depuis dimanche, comme dans toutes les grandes villes du pays.

Des policiers congolais passent devant des barricades lors d'une manifestations dans les rues de Kinshasa, en RDC, le 20 décembre 2016.

Des policiers congolais passent devant des barricades lors d’une manifestations dans les rues de Kinshasa, en RDC, le 20 décembre 2016.

Peu après minuit, des coups de feu ont été entendus dans plusieurs quartiers de Kinshasa pour faire taire des concerts populaires de sifflets et casseroles en signe de protestation contre le pouvoir.

Plusieurs habitants on fait état de morts en divers endroits, ce qui n’a pu être vérifié.

Dans la commune de Lingwala, le quartier proche du palais du peuple, une balle a atteint un homme d’une cinquantaine d’année, alors qu’il dormait encore dans sa chambre.

“Hier soir on était dans la rue pour siffler et taper sur les casseroles. Il y a eu des tirs de lacrymo, des coups de fusil, ils ont menacé la population”, a déclaré André, habitant du quartier Matete.

Des habitants entonnent des chants lors de manifestations contre Joseph Kabila, à Kinshasa, RDC, le 20 décembre 2016.

Des habitants entonnent des chants lors de manifestations contre Joseph Kabila, à Kinshasa, RDC, le 20 décembre 2016.

‘On n’est pas dans l’hécatombe’

A Lubumbashi, deuxième ville du pays, dans le sud-est, des affrontements ont éclaté entre policiers et manifestants dans un quartier sud avant qu’on entende des tirs nourris en milieu de matinée.

Lubumbashi est le fief de l’opposant en exil Moïse Katumbi, ex-allié de M. Kabila et candidat déclaré à la présidence.

Les autorités locales ont justifié “que la police tire des balles réelles en l’air pour disperser des civils” par le fait que “trois” manifestants étaient armés.

La RDC est minée par une crise politique depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011, à l’issue d’un scrutin entaché de fraudes massives.

Dans une vidéo sur YouTube – invisible en RDC où le contenu des réseaux sociaux est filtré depuis dimanche soir – l’opposant historique Étienne Tshisekedi a lancé“un appel solennel au peuple congolais à ne plus reconnaître l’autorité de M. Joseph Kabila”.

D’une voix ânonnante, le vieil opposant de 84 ans, invite également les Congolais à “résister pacifiquement au coup d’État” accompli selon lui “avec la bénédiction de la Cour constitutionnelle” qui a rendu en mai un arrêt autorisant M. Kabila à rester en fonctions après le 20 décembre.

Suspendus samedi soir, ces pourparlers destinés à permettre l’instauration d’un régime de transition politique associant la majorité sortante et l’opposition, étaient censés reprendre mercredi.

Leur avenir apparaît cependant incertain après l’annonce lundi soir d”un nouveau gouvernement dirigé par Samy Badibanga, transfuge de l’UDPS, le parti de M. Tshisekedi.

Le nouveau cabinet est le fruit d’un accord de partage du pouvoir conclu en octobre entre la majorité et une frange minoritaire de l’opposition renvoyant la présidentielle au plus tôt en avril 2018.

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