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Brésil 2014: Un Mondial du fric et du fiasco

Luis Suarez-La débâcle de l’équipe hôtesse, le festival des portiers de but, la transparence des grandes stars, l’attribution injustifiée et controversée des prix à certains joueurs, un système de jeu fade et sans inspiration, une finale insipide, des matchs arrangés dans la discrétion des bureaux, la corruption de maints artistes du ballon rond, etc. Tel est en réalité le bilan footballistique et peu reluisant de cette coupe du monde de football au pays du ballon rond.

Par Joël Asher Lévy-Cohen *

Après un mois de déroulement sans anicroches majeures, le rideau tombe finalement sur le fameux Mondial 2014 organisé en terre brésilienne et qui a nécessité plusieurs années de préparation. Cette compétition footballistique qui regroupe trente-deux sélections nationales, d’ailleurs qualifiées en fonction de leurs zones géographiques respectives, s’achève par la maigre victoire de l’Allemagne sur l’Argentine (1 – 0)[i]. Ce qui est une grande première pour une équipe européenne. En effet, le Vieux Continent n’a jamais vraiment réussi à s’imposer sur le sol des Amériques.

Ce que tout le monde gardera malheureusement de cette vingtième édition de la Coupe du monde de football, ce sont les coûts astronomiques de son organisation matérielle. Celle-ci nécessite, réellement, un décaissement de plus de dix milliards de dollars US. Corruption aidant, la plupart des infrastructures matérielles sont délibérément surfacturées, comme à l’accoutumée, au détriment de la Collectivité publique. Sans compter que ce tournoi légendaire se fait l’apôtre et l’agent servile de l’injustice sociale. En effet, ce Mondial est, à maints égards, l’occasion d’expropriations sauvages. Ces opérations ciblent pratiquement les communautés déjà défavorisées par nature et, surtout, déshumanisées par un système socioéconomique sans foi ni loi.

Pis, sur le plan purement sportif, donc spécifiquement footballistique, ce tournoi de 32 Nations s’avère un véritable fiasco. D’abord au niveau de l’arbitrage qui se révèle d’un amateurisme totalement flagrant et à ne pas faire pâlir les Béotiens. Ensuite, au niveau du système de jeu pratiqué et des stratégies adoptées par la grande majorité des équipes nationales. Sur ce terrain, la virilité l’emporte souvent aisément sur la créativité et le fair-play. Pour ainsi dire, le talent à l’état pur n’a vraiment jamais été au rendez-vous. Même le grand pays du ‘‘Futbol’’ s’y est totalement compromis.

Hormis les puissances moyennes, tels le Mexique, le Chili ou le Costa Rica qui pratiquent néanmoins un football de rêve et séduisent avec un niveau de jeu fort généreux et susceptible d’égayer l’âme des dieux de l’Olympe, les amoureux du ballon rond ne voient pratiquement sur le terrain de football que des banquiers en short, tout comme en mal d’argent. Ceux-ci ont plutôt droit à de minables spectacles interprétés de bout en bout par des professionnels de la casse en mal d’agression physique et des anthropophages ou vampires de service, nettement en mal de sang humain. Comme quoi l’axe ou le centre de gravité du hooliganisme antisportif tant décrié s’est déplacé, fort malheureusement, des tribunes vers la pelouse.

Ce qui est clair, ce tournoi est visiblement marqué par l’absence des joueurs d’exception ou de race. Cette compétition est manifestement marquée par la carence des artistes de rêve susceptibles de susciter l’émotion, de faire basculer avec maestria un match ou le cours d’une partie fort serrée. Bien des nostalgiques regrettent amèrement la grande époque du mythique Edson Arantes do Nascimento, dit ‘‘Roi Pelé’’ ou du légendaire Diego Armando Maradona, alias ‘‘El Pibe de Oro’’. Eux avaient, au moins, l’art et la science du football très scotchés à leurs pieds magiques.

Ceci revient à dire que les grandes stars de la planète ou méga-vedettes du ballon rond jouissent certainement, de nos jours, d’une renommée plutôt entièrement surfaite par les médias. Ce sont moins des talents disciplinaires que des produits publicitaires artificiellement fabriqués par leurs clubs respectifs pour des raisons strictement mercantilistes. Le prototype même de ce fiasco footballistique est à vrai dire la grande étoile argentine Lionel Messi à qui le légendaire Diego Armando Maradona, dit ‘‘El Pibe de Oro’’, avait affirmé avant le début de la finale que ‘‘son heure de gloire avait sonné’’ et qu’’’il n’avait pas d’autre choix que soulever le Trophée tant convoité et prétendre au Sacre suprême’’.

Force est de reconnaître que, lors de cette finale qui ne restera nullement dans les annales du football, ce joueur est manifestement passé à côté de son étoile qui a pâli. Il a été, pour ainsi dire, complètement transparent. Donc absent. Celui-ci a incontestablement joué en-deçà de son potentiel, du talent lui normalement reconnu par les spécialistes du ballon rond et les aficionados. Pourtant, cette virtuose brille indéniablement au firmament du championnat espagnol (la Liga). Il est, surtout, très réputé pour ses prouesses techniques, acrobatiques et athlétiques, entre autres avec le club barcelonais ‘‘Barça’’.

Toutefois, il existe, sans contexte, quelques notes positives et même encourageantes à mettre au crédit de cette Coupe du monde 2014. Hormis le fait que le Mondial est un moment de fraternisation entre les Nations et Peuples de la Terre, l’Humanité tout entière assiste à la féminisation des tribunes. En effet, la gent féminine s’est vraiment approprié cette fête du ballon rond. D’ailleurs, force est de souligner que les deux pays finalistes sont, en réalité, gouvernés par des femmes. À savoir : ‘‘Cristina Elisabet Fernández de Kirchner’’ pour l’Argentine et ‘‘Angela Dorothea Merkel’’ pour l’Allemagne. Ce qui est en soi tout un symbole. C’est également la première fois dans l’histoire de la coupe du monde que la grande finale oppose deux pays dirigés par des femmes. Sans compter que le chef de l’État de la Nation hôtesse est également une femme : ‘‘Dilma Vana Roussef’’ du Brésil.

Ce Mondial démontre aisément que le football est un sport devenu plus que jamais une valeur familiale. Donc, Brésil 2014 est, à tout point de vue, un Mondial des familles. Cela est d’autant plus vrai que les parents, souvent accompagnés de leurs rejetons, prennent d’assaut les tribunes en vue de supporter leurs équipes chéries. C’est une tendance qui s’est fortement développée, ces dernières années, dans le championnat brésilien de football. En effet, les parties de match y sont très souvent précédées par la présentation des familles de joueurs accompagnés de leurs jeunes enfants et de leurs belles épouses sur la pelouse du terrain de jeu.

Du Mondial des femmes, des familles et des enfants, Brésil 2014 s’est rapidement transformé en Mondial des pleurs. En effet, trop de larmes ont coulé sur la joue du public fin connaisseur en raison de la contre-performance de plusieurs sélections nationales. Mondial 2014 aura donc été la coupe du monde des émotions à fleur de peau. Chose gravissime, il n’a même pas su enrayer la vague raciste – [ce grand mal du siècle] – exportée par des supporters occidentaux ou européens dans ce pays kaléidoscopique. Malgré maintes campagnes de sensibilisation, le monde entier est estomaqué de voir surtout les Allemands et les Croates interpréter allégrement des chansons dignes de l’époque nazie ou proférer des injures racistes lorsque leurs équipes nationales croisent le fer avec des sélections négro-africaines.

Par ailleurs, cette coupe du monde restera dans la mémoire collective comme le Mondial aux accents carnavalesques. Brésil 2014 restera bien entendu dans les esprits et dans les annales historiques comme le Mondial des ‘‘gais lurons’’ ou ‘‘joyeux lutins’’. Dans la moiteur tropicale et la chaleur accueillante du Brésil, chaque peuple de la planète rivalise, en effet, d’ingéniosité pour arborer des costumes auréolés de couleurs nationales et, surtout, étrenner des habits dignes d’excentricité. Par conséquent, du Mondial sportif et footballistique, Brésil 2014 s’avère incontestablement le Mondial des cultures planétaires célébrant l’Humanité dans toute sa diversité, dans la joie et l’harmonie, dans la fraternité et la solidarité.

Seule véritable fausse note dans ce concert planétaire et harmonieux, dans cette communion sportive et humaine, pendant que le Mondial culmine au pays de la Samba foot, les armes crépitent très lourdement au Proche-Orient. Dans cette sous-région, la trêve n’a pas de nom. Le répit n’a pas non plus de visage. Tout ceci à cause de l’intolérance et du terrorisme aveugle.

Joël Asher Lévy-Cohen

Journaliste indépendant

 

[i]Un but d’anthologie de Mario Götze de Bayern de Munich sur une passe décisive d’André Schürrle de Chelsea.

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