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Avec la création de l’Union sacrée pour l’alternance – Opposition, la confusion

Source: Le Potentiel

L’Opposition institutionnelle congolaise est désormais plurielle. Face à la Majorité, elle a, quatre ans durant, échoué à se donner un Porte-parole. Ou à toujours parler d’une seule voix. Voici qu’à la veille des scrutins de 2011, elle se déchire en deux ailes. La stratégie est-elle politiquement payante ? Les initiateurs de la dissidence ne surprendraient-ils pas un jour, en laissant tomber les masques à l’approche des alliances électorales ?

Une nouvelle plate-forme de l’Opposition politique vient de voir le jour. Il s’agit de l’Union sacrée pour l’alternance (USA) qui regroupe des partis, des personnalités politiques ainsi que des mouvements associatifs. L’annonce a été faite devant la presse hier vendredi 20 août à l’hôtel Cana dans la commune de la Gombe par le CDD Jean-Pierre Lisanga Bonganga, membre (déjà) du comité directeur.

«Il n’y a pas de démocratie sans alternance au pouvoir », a-t-il fait valoir dans son mot de circonstance, citant le point 7 de la Constitution qui consacre cette alternance.

Pour la nouvelle plate-forme, a poursuivi Lisanga Bonganga, la nécessité d’alterner devient un impératif. Et de continuer : « après 5 ans d’immobilisme, de violations répétées de la Constitution, de mauvaise gestion des finances publiques et, notamment de slogans creux et ambigus, le Congo fait un retour au parti-Etat. Aussi les membres de l’opposition se sont-ils ressaisis pour contrer la dérive totalitaire ».

ALTERNANCE PAR UN PROJET DE SOCIETE

L’Union sacrée pour l’alternance, font savoir ses animateurs, « n’est pas un slogan creux, mais l’engagement d’une équipe de personnalités sérieuses et crédibles qui aspirent à la refondation de l’Etat congolais. Nous voulons que les choses changent positivement. Ce, en gérant autrement la chose publique, en bannissant les anti-valeurs, en respectant les prescrits de la Constitution et les droits de l’Homme. Il est également question de garantir la liberté d’expression, de tolérer la contradiction ».

L’USA, a laissé entendre Lisanga Bonganga, est déterminée à obtenir cette alternance, non pas par les armes ou la violence, mais par un projet de société à soumettre à l’appréciation du souverain primaire. Cela par la voie des élections libres, transparentes et démocratiques.

Abondant pratiquement dans le même sens, l’ancien président du parlement « zaïrois », Anzuluni Bembe, a indiqué que cette union des membres de l’opposition « se fait autour d’une vision, d’un programme sans lesquels ils ne peuvent prétendre à l’alternance. Il ne s’agit pas d’alterner les personnes, les individus, mais d’opérer des changements dans la méthode de gérer la RD Congo, une gestion débarrassée d’anti-valeurs ».

La mise sur pied de l’USA suscite divers commentaires, surtout de la part des observateurs de la scène politique congolaise. Ils trouvent que l’opposition, bien que plurielle, continue à se fissurer. Elle aura difficile de parler le même langage face à la Majorité. D’autant que l’imminence des enjeux électoraux fait que des alliances se nouent et se dénouent.

REBELLION A L’UNION POUR LA NATION

Les mêmes observateurs sont d’avis que la création de l’Union sacrée pour l’alternance s’inscrit dans ce cadre. Les calculs politiciens sont tels qu’il faut créer de nouvelles structures pour disposer d’assez de marges de manoeuvre lors des négociations éventuelles. Pour occuper des postes éventuels.

Les exemples sont nombreux sous les régimes Mobutu, L.D Kabila et Joseph Kabila. A l’approche des échéances politiques, électorales ou autres, des « messes noires » sont souvent dites au détriment, dans la plupart des cas, de la population pour laquelle et au nom de qui les hommes politiques parlent inutilement. La démagogie prenant le dessus sur toute autre considération.

Pour certains analystes, le discours de l’USA n’est qu’électoraliste pour, une fois de plus, embobiner l’électorat potentiel. Lequel, après avoir choisi ses dirigeants depuis juin 2006, ne voit aucun changement dans son vécu quotidien. L’USA craint justement la sanction négative, en pensant que seule la Majorité payera. Erreur !

Cette fois-ci, le Congolais, qui n’est plus dupe, aura à réfléchir deux fois avant d’opérer son choix. Qu’à cela ne tienne ! Les observateurs s’interrogent par ailleurs sur la crédibilité des personnalités membres de la nouvelle plate-forme. Leur passé politique, pour ceux qui en ont un, inspire-t-il une confiance aveugle ? Non. Rien n’est acquis d’avance.

A noter que, parmi les personnalités marquantes de l’USA figurent, outre Anzuluni Bembe et Lisanga Bonganga, MM. Gaston Diomi Ndongala, Ernest Wamba dia Wamba, Christian Badibangi et Médard Lwakabwanga.

La naissance de l’Union sacrée pour l’alternance signe la rébellion au sein de l’Union pour la Nation (UN), la première plate-forme de l’Opposition qui avait soutenu le candidat J.P Bemba contre le candidat J. Kabila, à la présidentielle de 2006. De laquelle de deux plate-formes se rapprochera sous peu l’UDPS d’Etienne Tshisekedi ? La versatilité de la classe politique congolaise, décidément, renvoie à la légende du bal des chauves. Souhaitons que ce n’est pas le cas avec l’USA.

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