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A Propos Examen d’Etat : record de vitesse absolu

Eleves Congolais
Eleves Congolais

-Lundi aux environs de 22 heures, la ville de Kinshasa et probablement toutes les autres de la République démocratique du Congo ont connu un vacarme terrible.

En cause : les enfants et tous leurs parents, amis et connaissances étaient en liesse pour exprimer leur joie d’avoir réussi à l’examen d’Etat, édition 2012-2013. Les vendeurs de sifflets et de poudre de beauté ont fait la bonne affaire parce que tout ce monde voulait bien se procurer ces deux biens pour siffler à tue-tête et « badigeonner » de poudre tous les amis et connaissances du lauréat. La liesse était générale. On pouvait croire aux festivités de la Bonana ou la liesse à l’occasion d’une victoire à l’issue d’un match des Léopards.

La session de l’examen d’Etat a commencé le lundi 24 juin dernier pour se terminer le jeudi 27 juin. De la fin des épreuves jusqu’au jour de la publication des résultats sur internet, il s’est passé exactement 18 jours. En moins de trois semaines, le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel a publié tous les résultats de toutes les sections et options sur l’ensemble de la République.

Alors que les années dernières, les résultats paraissaient par section et par province ; et cela pouvait même prendre tout un mois si pas plus. Chapeau bas à ce ministère qui a battu son propre record de vitesse, même si notre journal n’y a pas accès facile pour recueillir des informations utiles ! Et cela va certes changer en faveur de l’Avenir.

Selon des informations émanant des sources fiables, le taux de réussite est de 69 % sur l’ensemble du pays. La province qui a bien travaillé est celle du Bas-Congo. Par contre, les résultats ont été catastrophiques dans la ville de Kinshasa, la capitale où il y a seulement 17 % d’élèves qui ont réussi en dépit du fait que la plupart d’écoles, sans doute pour des raisons de propagande ou de marketing, ont affiché qu’elles ont fait les 100 % de réussite.

Mais dans l’euphorie observée le lundi dans la soirée et même durant la journée d’hier, il était difficile de savoir qui a réussi et qui a échoué. Il semble que même les recalés ont fait semblant de jubiler avec les autres.

Autre chose pour laquelle le ministère mérite des fleurs, à quelques jours des examens d’Etat, la hiérarchie avait décidé de permuter les inspecteurs et les items dans les provinces. Ce qui aurait pris de court tous ceux qui étaient mouillés jusqu’au cou dans la maffia. Outre les cris de joie, il y eut des jérémiades et des grincements de dents qui étaient plus discrets.

En tout cas, le ministère de l’EPSP, à travers l’Inspection générale a fait cette année du beau travail et mérite des encouragements et des félicitations. Car, il faut bien qu’on commence quelque part à déraciner les antivaleurs qui minent pratiquement tous les secteurs de la vie nationale.

C’est tout à fait légitime pour un élève ayant réussi à l’examen d’Etat que d’exprimer sa joie. Par cette réussite, il fait la fierté et l’honneur de des parents ou de ses tuteurs qui se sont taillé les veines et les artères pour payer les frais de scolarité. C’est un sacrifice incommensurable dans le chef de ces parents ou de ces tuteurs, eu égard à la conjoncture économique difficile.

Seulement, tous ces nouveaux diplômés d’Etat et leurs parents doivent savoir qu’il est tout à fait inutile de se dépenser outrancièrement ; le fait de terminer les humanités n’est pas la fin de tout, c’est une étape de la vie. Le plus dur reste à faire. Ce sont les plus méritants qui peuvent maintenant entamer le cycle supérieur ou universitaire.

La problématique est donc celle de savoir si toute cette masse des diplômés sera casée soit dans les instituts supérieurs soit dans les universités soit encore sur le marché de l’emploi. C’est ici où l’Etat n’arrive pas à leur procurer un avenir serein parce qu’il n’y a que très peu de débouchés pour passer par cet entonnoir.

L’avenir

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