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A Paris Photo, le marathon d’un collectionneur

Il n’y a qu’à Paris Photo qu’on peut se retrouver coincé dans un espace de deux mètres carrés en compagnie de l’ambassadeur du Japon, à admirer des planches contacts du photographe japonais Nobuyoshi Araki, l’auteur de Sentimental Journey. Dans sa petite réserve, le galeriste Jean-Kenta Gauthier, muni de gants blancs, sort ses trésors pour quelques initiés. Parmi eux, Artur Walther, allure sévère et veste sombre, le visage égayé par des lunettes cerclées de rose. Depuis vingt ans, il construit sa collection de photographies pour sa fondation, hébergée dans deux lieux d’exposition, à Ulm (Allemagne) et à New York, et qu’il diffuse sous forme de livres, de prêts aux institutions et d’expositions – comme en 2015 à la Maison Rouge à Paris. Cette année, nous parcourons la foire sur ses pas. De petits pas : dans chaque allée, il se fait héler – par un photographe, un conservateur, un curateur. « Tout le monde est ici, s’excuse-t-il. C’est la première foire du monde pour la photo, c’est autant un événement social qu’un lieu où on achète. » On est le matin du mercredi 7 novembre, la foire n’ouvre au public que le lendemain, mais tous les professionnels se pressent déjà sous la coupole du Grand Palais. Chez Thomas Zander, pointure du marché, Artur Walther tombe sur le photographe américain Mitch Epstein, qui rigole : « Artur, c’est mon parrain ! » Il y a quelques années, le collectionneur lui a acheté une quinzaine d’images de sa série American Power, de très grands formats couleur sur la relation complexe des Etats-Unis aux ressources naturelles. « Il y a des collectionneurs qui spéculent, ou qui consomment des photos comme des vêtements, note l’artiste. Artur est un passionné, et il partage avec le public, par des livres et des expositions. C’est précieux : les artistes ne font pas des œuvres pour qu’elles dorment dans des réserves. » « Dialogue avec les artistes » Sur le…
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