Rwanda : Kagame, Molière et le globish

Rwanda : Kagame, Molière et le globish

[Éditorial] La candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo au secrétariat général de l’OIF a du mal à passer dans les milieux hostiles au régime de Paul Kagame.

Sans doute fallait-il s’y attendre. Une fois dissipé le moment d’étonnement suscité par la déclaration de soutien d’Emmanuel Macron en sa faveur, il apparaît que la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo au secrétariat général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) ne passera pas comme une lettre à la poste – particulièrement en France. Médias, ONG droits-de-l’hommiste, lobby militaire : tous ceux qu’horripile l’exception rwandaise et qui, pour des motifs souvent subjectifs, estiment avoir des comptes à régler avec le régime Kagame montent au créneau à cinq mois de l’échéance – le sommet d’Erevan, fin octobre.

Les médias risquent de passer pour les idiots utiles d’une manipulation politique dont ils sont incapables de dévoiler les ressorts

Comme il est aussi difficile de s’attaquer à la personnalité – lisse, professionnelle et consensuelle – de la ministre des Affaires étrangères que de défendre le terne bilan de l’actuelle titulaire du poste, Michaëlle Jean, c’est donc par la critique au Kärcher du système de pouvoir érigé sur les cendres du génocide des Tutsis que passe la contre-attaque. Comme il y a une douzaine d’années, quand Pierre Péan et Charles Onana faisaient le tour des plateaux, les partisans de la thèse révisionniste du double génocide, voire de celle de l’auto-génocide des Tutsis déclenché par Kagame lui-même contre sa propre communauté (version apocalyptique de la première), sont invités, sans pincettes ni recul, à s’exprimer devant micros et caméras.

(4)

Share



Translate »