Entre ses interventions aux Nations unies (ONU) et l’âpre et douloureuse journée de témoignages au Sénat pour la confirmation du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême, Donald Trump s’est offert une pause, mercredi 26 septembre, dans la salle de réception d’un grand hôtel de New York. Il y a tenu sa deuxième conférence de presse en dix-neuf mois.

L’occasion d’un voyage de 88 minutes sur des terres incertaines, d’un propos aussi libre que décousu dominé par le plaisir visible d’un narcissique invétéré d’être à nouveau au centre de l’attention de tous. Le président des Etats-Unis a beau dénoncer jusqu’à l’écœurement devant ses sympathisants les « médias bidons », les qualifier d’« ennemi du peuple », il ne peut résister à la caresse d’un objectif de caméra, ou à celle d’un titre de ce New York Times qu’il « aimait » et dont il apprécierait tant qu’il salue sa présidence.

Pendant près d’une heure et demie, en réel virtuose du désordre, Donald Trump a donc distribué à la volée les questions et les réponses parfois sans aucun lien avec ce qui précédait, partant des visages familiers, comme celui de John Roberts, de la chaîne conservatrice Fox News, jusqu’à ce « Monsieur Kurde » qui renvoyait à un journaliste du Kurdistan irakien. Le président des Etats-Unis a repeint son pays à ses couleurs, celle du « winner » incapable d’autre chose que le succès.

George Washington convoqué

Les guerres commerciales ? Elles tournent à notre avantage, a assuré le président en annonçant notamment l’ouverture de « huit aciéries au minimum » (il en restait à six en juin) dont personne n’a pourtant trouvé la trace. Les nominations de juges ? Mes prédécesseurs n’ont rien fait ! « Ils étaient fatigués, ils étaient contents d’eux-mêmes, il s’est produit quelque chose », a assuré un Donald Trump en apparence perplexe alors que le Sénat contrôlé par les républicains avait pratiquement gelé à partir…

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