[Édito] L’effet Abiy

[Édito] L’effet Abiy

L’arrivée au pouvoir d’Abiy Ahmed en Éthiopie, en mars, a bouleversé les grands équilibres qui régissaient jusqu’ici la Corne de l’Afrique. Une véritable révolution de velours.

Dans une Corne de l’Afrique à la géologie tourmentée, les dynamiques à l’œuvre depuis six mois relèvent de ce que les scientifiques appellent la tectonique des plaques. Il suffit que le noyau central se mette en mouvement pour que les blocs adjacents se déplacent à leur tour.

Cette plaque majeure, c’est l’Éthiopie, en plein processus de perestroïka depuis l’arrivée au pouvoir, le 27 mars 2018, d’un Premier ministre de 42 ans, Abiy Ahmed. Ce jeune lieutenant-colonel oromo – l’ethnie majoritaire parmi les quatre-vingts que compte l’Éthiopie –, spécialiste en cybersécurité, formé aux États-Unis et en Grande-Bretagne, chrétien protestant fils de musulman, est aujourd’hui le leader africain le plus attentivement suivi par la communauté internationale.

Ce qu’il a entrepris est à la fois digne d’éloges et terriblement risqué

Ce qu’il a entrepris – réformer de l’intérieur l’un des pays clés du continent, 105 millions d’habitants, que son prédécesseur Hailemariam Desalegn avait mené à deux doigts de l’implosion – est en effet à la fois digne d’éloges et terriblement risqué. « Le jour où il y aura des élections démocratiques en Éthiopie, je crois que j’aurai rempli ma mission, confiait-il récemment. Je ne suis pas les négus, je ne m’éterniserai pas au pouvoir. »


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